
On a vu recemment Prendre soin de Alexander Zeldin et avant Love également. Le metteur en scène britannique fait du théâtre réaliste ou naturaliste.
Cette fois il étudie, analyse une famille recomposée en y ajoutant une problématique de tragédie grecque. J’ai passé une bonne partie à chercher le lien entre la pièce et Antigone, j’aurais du réviser avant !
Deux soeurs se retrouvent dans leur maison d’enfance avec leur oncle et sa famille. Ils font des travaux pour vivre dans la maison. Bien que leur père soit mort depuis plusieurs années, il et elles vont disperser ses cendres. Mais Annie la soeur aînée ne veut pas, elle souhaite garder le souvenir intact de son père qui est l’âme de la maison.
Chris, l’oncle veut un nouveau départ, il veut tourner la page. On voit 2 façons opposées de vivre le deuil. Les relations sont tendues, on apprend au fil des dialogues les dessous de la situation. On sent les secrets de famille, la violence sous jacente.
Le drame, les drames sont dévoilés comme des uppercuts.
Le décor est impressionnant avec sa grande baie vitrée qui nous laisse deviner un jardin, mais joue aussi avec les reflets.
Il y avait de nombreux lycéens dans la salle et ils ont sur-réagis à certaines scènes. Encourageant, ou au contraire être horrifié par quelques répliques. C’était chouette de les sentir aussi attentifs et impliqués par des problématiques très actuelles.
Le spectacle est en anglais et très bien surtitré. C’est terminé au Théâtre de la Ville mais j’imagine qu’ils doivent partir en tournée.
Connaissez vous le travail de Alexander Zeldin ? Aimez vous ce style de théâtre ?
Sur le site du Théâtre de la Ville :
Quand la tragédie grecque fait irruption au sein d’une famille d’aujourd’hui.
Deux soeurs, Annie et Issy, se retrouvent à l’occasion de l’anniversaire de la mort de leur père. Dans une urne, reposent les cendres de leur père suicidé il y a déjà quelques années. Chris, l’oncle des deux soeurs, est prêt à les répandre dans un parc et à offrir un nouvel avenir à la famille. Annie refuse. Derrière ce qui ressemble à un drame d’aujourd’hui se profile un conflit bien plus ancien, celui d’Antigone, la tragédie de Sophocle, dont la pièce écrite et mise en scène par Alexander Zeldin réactive les enjeux avec une pincée d’humour. De cette famille dysfonctionnelle, il fait une observation quasi clinique, une analyse d’une justesse redoutable. Avec cette pièce qui a vu le jour au National Theater de Londres et a été plébiscitée par la critique et le public, une nouvelle facette de son oeuvre est à découvrir, d’une intensité rare !
Hugues Le Tanneur
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