Archives de Catégorie: Spectacle

Nuit blanche – Leïla Ka – Olivier Dubois

Dans le cadre de la soirée Nuit Blanche proposée par la Mairie de Paris sous la direction artistique de Barbara Butch, je suis allée au Carreau du Temple où était proposé en fin de journée 2 ballets 🙂

C’est toi que j’adore de la chorégraphe et danseuse Leïla Ka. Elle associe intensité émotionnelle, créativité gestuelle et influences urbaines (c’est ce qui est écrit sur le programme).

Sur de la musique baroque, les jeunes danseuses et danseurs sont emporté.e.s dans une danse qui me fait penser aux arts martiaux avec de vrais moments contemporains et l’influence hip-hop. C’est très intense avec de nombreux contacts bruyants avec le sol. On peut y voir une forme de lutte.

Elle présentera une création au Théâtre de la Ville lors de la prochaine saison. Hâte de la découvrir.

Drummers de Olivier Dubois, chorégraphe reconnu pour son travail puissant et immersif, mêlant rigueur et énergie collective. Il explore le rythme, le corps et la présence scénique, intégrant danseur.euses professionnel.les et amateur.trices dans ses créations (selon le programme).

50 danseur.seuses en blanc, sur un Boléro retravaillé de façon électro par Yuksek qui le joue en live. Une danse collective intense, hypnotique, les battements du Boléro nous emportent… Le final est grandiose. Cette musique donne à la danse une énergie folle. Chaque chorégraphe lui rend hommage, c’est toujours pertinent.

Olivier Dubois sera présent pour la saison prochaine à la Philharmonie de Paris mais aussi à La Maison des Arts de Créteil… avec Come Out sur une musique de Steve Reich, la présentation donnait trop envie 😉

Il y avait de nombreux autres spectacles, j’espère que vous avez pu en profiter….

Prendre soin de Alexander Zeldin au Théâtre des Abbesses

Pièce présentée par le Théâtre de la Ville dans le cadre des Chantiers d’Europe. Alexander Zeldin est un dramaturge et metteur en scène britannique.

Beyond caring est sa première pièce de 2014, il l’adapte avec le Théâtre National de Strasbourg en français : Prendre soin.

C’est une pièce réaliste, nous sommes dans la salle de repos d’une boucherie industrielle. Les personnes chargées du ménage viennent d’être embauchées dans des agences d’intérim, elles travaillent la nuit. On suit leur travail et les pauses. On est dans la salle de repos amis elles y travaillent quand même.

Un noir complet de quelques secondes, scène et salle, avec un bruit fort d’usine pour les changements de tableau… C’est intense.

Un décor un peu sinistre, une pièce froide, carrelage, béton, grandes étagères en bazar, une table, quelques chaises… Les femmes et l’homme de ménage parlent peu. On devine quelques traits personnels mais aucun.e ne se confie réellement. Tout est en retenue. Elles et il sont très réservés, il leur faut travailler, pas le choix, pas besoin de s’épancher…

Le « chef » est le plus dynamique, le plus expansif… Il les pousse à travailler plus, il leur impose des réunions sans intérêt, des drôles de tests… Bienvenue dans le monde du travail des précaires… C’est un peu documentaire. On attend qu’il se passe un truc, mais non le quotidien est juste fatigant et réel.

On peut faire un parallèle avec le cinéma de Ken Loach même si voir cette détresse du quotidien sur scène c’est troublant, on a l’impression de la toucher et peut être d’y participer. Mon fils, touché, à la fin avait envie d’aller les aider à finir de nettoyer la scène…

Les comédiennes et comédiens sont justes et intenses, c’est tellement réel. Peut être juste moins fort ou impressionnant que Love son précédent spectacle.

Connaissez vous le théâtre de Alexander Zeldin ?

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F*cking Future – Marco da Silva Ferreira – Chaillot

Après la danse contemporaine grecque, on voyage au Portugal avec Marco da Silva Ferreira que l’on avait déjà vu sur la petite scène de la Mac dans Carcass.

Cette fois c’est sur la petite scène de Chaillot que 8 danseur.euses qui évoluent en quadri-frontal, nous sommes au plus près. Hasard de la programmation, on trouve un certain nombre de points communs avec le ballet grec que l’on a vu la veille, mais pas de plagiat, juste certainement la même envie des chorégraphes de dénoncer les travers du monde.

La scène est souvent sombre et enfumée, les danseur.euses portent une côte de maille qui ne doit pas être agréable. La danse est multiple entre défilé, krump, voguing emportée par la musique electro. Ca commence plutôt énergique pour finir plus en douceur… A t’il trouvé un remède aux malheurs du monde ?

Connaissez vous Marco de Silva Ferreira ? Avez vous vu son travail ?

C’était notre dernier spectacle de danse de la saison. On a encore été gâté 🙂

J’ai préparé nos abonnements pour la saison à venir et elle sera tout aussi riche. Si vous avez envie de découvrir la danse contemporaine, je peux vous conseiller différents spectacles.

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My Fierce Ignorant Step – Christos Papadopoulos – Théâtre de la Ville

On retrouve l’univers de Christos Papadopoulos au Theâtre de la Ville après Larsen C et Ion.

On reste dans le même mouvement collectif assez lent et hypnotique. Ici on commence par une musique, plutôt des sons, juste un claquement comme quand on fait craquer ses doigts. les danseur.euses bougent très peu au départ, un geste en rythme tous ensemble. Puis le rythme accélère, s’amplifie, l’énergie monte et devient intense.

Le chorégraphe a travaillé à partir de la musique de Theodorakis et de Hatzidakis, compositeurs grecs majeurs. La voix est liée au corps pour faire monter l’énergie et trouver la force optimiste du collectif.

Les 10 danseur.euses sont toutes et tous 1 heure sur la plateau, faisant les mêmes gestes, les mêmes pas… C’est bluffant pour moi.

J’ai beaucoup aimé et je vais reprendre des places pour le revoir à la Mac la saison prochaine 🙂

Christos Papadopoulos entre dans la cour des grands 😉 Connaissez vous son travail ?

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Amazzoni de Silvia Gribaudi au Théâtre des Abbesses

Ballet contemporain pour 5 danseuses sur le thème des amazones de Silvia Gribaudi, chorégraphe italienne.

Elle cherche à remettre en question les stéréotypes féminins en dépassant les limites. Les danseuses dialoguent même avec la salle sur la vision que l’on peut avoir de la femme. La première partie est très répétitive, la fin est plus dynamique.

Je n’ai pas vraiment été convaincue et comme depuis j’ai vu d’autres ballets, je crois que j’ai déjà oublié…

Vous connaissez le travail de Silvia Gribaudi ?

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Le cercle des poètes disparus de Tom Schulman au Théâtre Antoine

Je me souviens bien du film des années 90 avec l’excellent Robin Williams, la pièce est du même niveau et Philippe Torreton est un magnifique professeur Keating.

L’histoire est toujours d’actualité, un professeur qui passionne ses élèves, qui leur apprend à penser, à réfléchir, à se faire leur propre avis, à avoir l’esprit critique…

Profitez de l’instant présent : Carpe Diem. Alors ce n’est pas facile, il faut de la force, du courage parfois et on ne réussit pas à chaque fois mais c’est tellement important de vivre selon ses propres aspirations.

Mettre de la poésie dans sa vie comme le souffle le Professeur Keaton aide à comprendre le monde et à vivre avec passion.

J’ai trouvé Philippe Torreton parfait pour le rôle, il porte en lui les valeurs de ce personnage mythique. Les jeunes qui l’entourent sont tous plein d’avenir.

Une belle soirée de théâtre avec une fête surprise sur scène avant la pièce. Elle se joue au Théâtre Antoine jusqu’à fin mai et reprend en septembre à côté au Théâtre libre.

Si vous l’avez vu, qu’en pensez vous ? Moi ça me donne envie de revoir le film !

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Sexe, grog et rocking chair d’Alex Lutz à la Mac Créteil

C’est la première fois que je vois Alex Lutz sur scène, pour moi il est Catherine, de Catherine et Liliane 😉 Je l’ai vu également dans quelques films. Je ne vais pas souvent voir des « comiques », souvent je suis déçue, les chroniques c’est bien mais pendant plus d’une heure, je trouve que c’est trop.

Mais ici ce n’est pas le cas, Alex Lutz nous parle de son père récemment disparu, l’histoire de son père, de lui enfant, adolescent, de leur relation. Et puis des réactions autour de lui selon les différentes générations. C’est à la fois émouvant et aussi drôle.

Le spectacle vient d’avoir le Molière de l’humour 2026, je n’ai pas vu les autres nommés, mais je suis contente pour Alex, son spectacle est formidable.

Drôle d’idée de faire un spectacle sur la mort de son père mais Alex Lutz nous en parle avec poésie, un peu de mélancolie et beaucoup d’humour décalé.

Et la description de la vie de son père né au tout début des années 50, m’a fait penser à mes parents, le côté rock soixante huitard à mon père et les TOC et Diogène à ma mère, beaucoup à ma mère… Le décor avec un amoncellement d’objets aussi divers que variés, c’est le quotidien de ma mère. Et cela fait du bien de pouvoir en rire.

Les amis de son père ayant un petit problème d’alcool, ou étant encore dans le coup sont aussi tellement drôle. Les liens entre les générations sont terriblement bien vus.

Oh et puis il y a deux chevaux magnifiques sur scène, c’est fabuleux ❤

Je ne sais pas si on peut dire hommage, mais c’est une belle déclaration d’amour à son père.

Connaissez vous Alez Lutz, aimez vous ses spectacles ?

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Entre parenthèses de Pauline bureau à la Mac Créteil

La pièce de Pauline bureau est adaptée du livre de Adélaïde Bon : La petite fille sur la banquise. Le texte est bouleversant. La mise en scène nous fait voir du théâtre documentaire sur une enquête de la brigade des mineurs, de nombreuses petites victimes de viol.

C’est l’histoire d’Alma, jeune femme enceinte, qui reçoit un appel de la police, concernant une plainte qu’elle a déposé avec ses parents quand elle avait 9 ans.

Un vieil homme a abusé de très jeunes filles pendant plusieurs années. l’enquête a pu aboutir grâce à 2 policières et aux avancées des techniques de recherche de l’ADN. Les petites filles avaient raconté le même processus d’agression mais dans les années 90, la société était moins attentive aux violences sexuelles.

Sur scène on peut voir le domicile d’Alma et le bureau de la police, le tout renforcé en fond de scène par des projections. Le rythme est enlevé, le texte est très argumenté, tout est explicité, on prend de nombreux coup de poing virtuel. C’est à la fois l’histoire de tant de femme et c’est aussi très intime, en tant que femme on ne peut qu’être touchée. J’espère que les hommes s’interrogent également sur le pourquoi tant d’hommes sont des agresseurs ( une femme tuée tous les 3 jours par un homme).

La pièce fait réfléchir, donne envie de mieux écouter les victimes et de toujours les défendre, de ne rien laisser passer aux agresseurs… Pour changer la société il faut des moyens et que les hommes prennent aussi ce sujet avec les femmes. Il faut de la formation dès l’école, et pour les policiers, les magistrats, les personnels de santé… Une vraie volonté politique…

J’ai aimé cette pièce et tout particulièrement le parcours d’Alma qui découvre à 30 ans le pourquoi de son mal-être permanent, et comment grâce au procès, elle va pouvoir se reconstruire.

Les comédiennes Héloïse Janjaud, Rebecca Finet ou Coraly Zahonero, et toutes les autres sont lumineuses et portent très bien ces rôles si difficiles.

La pièce est en tournée, si elle passe près de chez vous… Un grand moment de théâtre.

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Performance Cie Retouramont – Théâtre de la Ville

Ce week-end dans le cadre du Festival de la Place (du Châtelet), on pouvait voir plusieurs performance de la Compagnie Retouramont dans le hall du Théâtre de la Ville.

JL avait travaillé avec eux pour un spectacle danse et feu d’artifice, et puis on a vu plusieurs fois leurs spectacles. C’est avec plaisir qu’on les a retrouvé.e.s.

La compagnie Retouramont pratique la danse verticale, c’est impressionnant et poétique. On a pu voir 2 prestations. Je vous montre des petites vidéos, ce sera plus parlant que mes explications 😉

Il se passe toujours plein de choses au Théâtre de la Ville, renseignez vous, c’est vraiment chouette 🙂

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The look / Ici – Sharon Eyal / Léo Lérus – Théâtre de la Ville

Très belle soirée de danse au théâtre de la Ville dans le cadre de mon abonnement à Chaillot.

Le Ballet de l’Opéra national du Rhin dansent 2 pièces de Sharon Eyal et Léo Lérus. Nous avons pu voir un petit moment d’une répétition de Ici, tout n’était pas encore au point. Et puis dimanche nous avons pu assister à une heure quinze de cours de danse pour les danseur.ses du ballet, c’est un entrainement très classique, ils et elles sont très fort.e.s.

Les 2 ballets sont à l’opposé.

Le premier de Léo Lérus est tout en lumière, costumes beiges, lumière ensoleillée pour le chorégraphe guadeloupéen. Il nous propose une danse contemporaine matinée de gwoka, danse guadeloupéenne, qui rassemble les corps.

Le second de Sharon Eyal est très sombre, noir même, obscur. 17 danseurs.ses qui se présentent de dos, mouvements presque imperceptibles jusqu’à l’explosion, l’envol… C’est hypnotique et troublant.

Les 2 chorégraphes viennent de la Batsheva Dance Company, belle référence 😉

Magnifique compagnie que le Ballet de l’Opéra national du Rhin. Les avez vous déjà vu danser ?

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