Archives de Catégorie: Livres

Pierre, de Christian Bobin

Quand je suis allée au Creusot, mon amie Coco m’a offert ce petit livre. Christian Bobin est né et a vécu au Creusot et son livre Pierre, est comme une grande lettre cadeau qu’il offre à Pierre Soulages, le grand peintre du noir que j’aime beaucoup.

C’est un drôle de petit livre poétique tout en simplicité mais avec des mots choisis pour dire à Pierre Soulages toute l’admiration qu’il a pour son travail.

Ce n’est pas une biographie, ce sont des moments de vie, des souvenirs, des réflexions, des rencontres. Un voyage entouré par des personnes singulières que l’auteur croise et qui l’accompagnent plus ou moins brièvement vers son but.

Pendant la lecture, on pense bien sûr aux toiles de l’outrenoir, on s’imagine la lumière de ces noirs, leur puissance.

C’est un bel hommage, un magnifique cadeau d’anniversaire pour cet artiste centenaire, une déclaration d’amitié sincère et intense.

Je n’avais jamais lu cet auteur, il a écrit un grand nombre de livres, vous le connaissez ?

Merci Coco ❤

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La fin de l’histoire de A. J. Finn

Un roman pas vraiment policier mais avec une intrigue quand même (et quelques morts ou disparus).

Un vieil écrivain malade invite une jeune femme universitaire spécialisée dans les romans policiers et qui connait très bien son oeuvre. Il souhaite qu’elle écrive ses mémoires.

20 ans plus tôt, sa femme et son fils ont disparu la nuit de la St Sylvestre. Ils n’ont jamais été retrouvé et ne sont pas revenus. Cela met de l’intrigue dans le travail de Nicky. Elle découvre les autres membres de la famille de Sebastian. Elle mène son enquête discrètement.

Le livre est assez sombre et mystérieux mais les rebondissements sont nombreux. On est plongé dans le monde des polars classiques, il y a de nombreuses références pour les amateurs de ce style.

De nombreux sujets se mêlent à tout cela sur la famille, la façon d’être parent, les secrets, la force de la vie malgré le malheur mais à quel prix ?..

La fin est disons spectaculaire 😉

J’ai bien aimé même si la mise en place au début est un peu longue. Je ne connaissais pas cet auteur, et vous ? Avez vous lu La femme à la fenêtre ?

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Libres d’obéir de Johann Chapoutot et Philippe Girard

J’ai offert ce livre à mon fils A et je viens de lui emprunter.

Cette BD est l’adaptation du livre de Johann Chapoutot : Libres d’obéir Le management du nazisme à aujourd’hui. L’auteur montre comment le management moderne est encore lié à l’héritage des méthodes nazie.

Le livre est dense et pas toujours facile, 2 femmes cadres, par leurs expériences, nous montre tous les dangers d’un management qui veut se montrer novateur. Le parallèle est fait avec le juriste nazi Reïnhard Höhn qui a créé une méthode de management à partir des idées nazies.

L’entreprise n’est toujours pas idéale pour les salariés, entre l’abus du présentéisme, l’atteinte des objectifs, la performance à outrance… La parallèle avec les méthodes nazies est très bien démontré et cela fait peur. Les conditions de travail aujourd’hui sont beaucoup plus stressantes qu’au temps des ouvriers où le travail étaient plus physique. Les méthodes de management sont à revoir comme cette économie libérale qui malmène le monde aujourd’hui.

J’aime bien les dessins qui rappellent souvent des affiches de propagande, c’est très rouge, blanc, noir et percutant.

Même si la BD est très bien faite, cela donne envie de lire le livre pour en savoir plus…

Avez vous lu l’un ou l’autre ? Qu’en pensez vous ?

est encore inspirée des méthodes nazis.

L’âge fragile de Donatella Di Pietrantonio

Un livre prêtée par une amie et que j’ai lu en même temps que Manika, vous pouvez lire son article.

Un livre italien qui a eu de nombreux prix.

En Italie donc, Lucia vit dans les Abruzzes, région qu’elle n’a jamais quittée. Sa fille Amanda est partie étudier à Milan mais au bout de quelques mois, elle revient. Malgré toutes les attentions de Lucia, Amanda ne va pas bien, elle se réfugie dans sa chambre.

Lucia va voir son père très souvent, il veut lui léguer rapidement un terrain qu’il a dans les montagnes. Un lieu où un crime a été commis il y a de nombreuses années, mais personne n’a oublié.

L’âge fragile, la vie est fragile, est ce celui de Lucia qui en milieu de vie s’occupe de sa fille et de son père… L’âge d’Amanda, celui d’entrer dans la vie d’adulte ou celui du père, la vieillesse ?

L’intrigue du livre court sur 2 temporalités, le temps passé du crime et le temps présent plus doux en apparence. Le livre interroge sur le temps qui passe, pourquoi on reste au même endroit ou au contraire on fuit le lieu de notre enfance.

Un beau portrait mère-fille, leur fragilité, le poids du patriarcat sur leur vie.

Une belle description de cette région très nature qui semble encore assez sauvage.

Connaissez vous cette autrice ? Avez vous lu ce livre ou un autre d’elle ? Qu’en pensez vous ?

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Après minuit de Gillian McAllister

Un roman, un peu polar, mais en mode inversé. On connait la fin : Todd le fils de Jen poignarde un homme…

Jen est effondrée, que s’est il passé ? Pourquoi son fils a t ‘il fait cela ? Ce n’est pas possible.

Epuisée, Jen s’endort et le lendemain matin, rien ne s’est passé. En fait, elle se réveille la veille ! Comment va t’ elle pouvoir éviter que son fils commette l’irréparable ?

Et sans trop vous en dévoiler, chaque matin, elle se réveille un ou plusieurs jours avant…. Elle revit sa vie, avec sa famille, son travail, et son enquête. Elle se rend compte qu’elle était passé à côté de beaucoup de choses.

Elle est souvent obligée de raconter son histoire puisqu’elle est seule à voyager à l’envers dans le temps. Un peu trop peut être. Mais le roman est addictif, on se demande quand cela va s’arrêter et surtout si elle pourra revenir à aujourd’hui.

J’ai bien aimé cette construction originale de l’intrigue. La boucle temporelle est pleine de mystère.

Avez vous lu ce livre ? Connaissez vous cette autrice ?

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La porte de Magda Szabó

Un livre qu’une amie m’a offert mais je n’ai pas réussi à rentrer dedans. Je viens d’aller lire quelques critiques sur Babelio, elles sont bonnes. C’est donc moi qui suis passée à côté. Tous les livres ne peuvent pas plaire à tout le monde 😉

J’ai eu plusieurs fois envie d’arrêter et puis je suis quand même allée au bout sans succès.

A Budapest, une femme écrivain nous raconte sa relation avec sa femme de ménage Emerence, une vielle femme forte qui régit tout le quartier. Emerence ne laisse jamais personne entrer chez elle, sa porte d’où le titre du livre est infranchissable.

Le relation des 2 femmes est vraiment torturée, le rôle du chien est particulier. C’est plein de mélancolie. Si on peut y voir en fond une critique du régime politique hongrois, cela est resté très flou pour moi.

Avez vous lu ce livre ? Connaissez vous cette autrice ?

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Petits crimes japonais de Kyotaro Nishimura

Un recueil de nouvelles japonaises que JL a pris à la bibliothèque. Un livre qui date des années 70.

8 nouvelles policières très japonisantes. Des crimes mais surtout des portraits de personnes humaines et « comme tout le monde » et à chaque fois une conclusion surprenante.

Les histoires sont simples, courtes sans excès de détails. Des histoires de couples, de pickpockets, d’escrocs, d’obsessions et même un peu de science-fiction…

Une autre façon de découvrir la culture japonaise.

Moi qui n’aime pas trop les nouvelles, j’ai apprécié, le bon format pour un trajet de tram 😉

Connaissez vous Kyotaro Nishimura ? C’est un grand auteur de polar japonais décédé en 2022 mais il a été peu traduit en français.

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La symphonie des monstres de Marc Levy

La tante de JL nous a prêté ce livre. J’ai lu les 2 premiers Marc Levy il y a 20 ans et j’ai arrêté, pas convaincue. Mais aujourd’hui je me suis dit pourquoi pas et je ne regrette pas.

L’histoire se passe de nos jours en Ukraine, c’est la guerre, l’occupation russe dans le sud du pays. C’est troublant de lire un roman sur un sujet si présent dans l’actualité.

Un enfant Valentyn est enlevé par les russes à l’école, sa mère et sa grande soeur vont tout faire pour le retrouver.

Valentyn de son côté ne veut pas devenir un petit russe savant, il cherche aussi par tous les moyens à s’évader de la pension où il a été conduit.

Veronika sa mère, infirmière, remue ciel et terre avec ses amis pour découvrir où est son fils alors que sa fille rebelle a décidé de partir seule à sa recherche. Mais c’est tellement dangereux…

Les pages se tournent, on a envie de vite savoir s’ils vont se retrouver, l’écriture est efficace.

Ces enlèvements massifs d’enfants ukrainiens pour les faire grandir en Russie est réel, quelle horreur. Déjà il y a la guerre, ils se prennent des bombes et en plus ils enlèvent les enfants de famille qui n’ont pas pu fuir.

Le livre est enrichi de jolis dessins de Pauline Lévêque.

Si j’ai bien compris, on peut retrouver différents personnages de ce livre dans La trilogie des 9. Avez vous lu ces livres ? Qu’en pensez vous ? Aimez vous Marc Levy ?

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Le grand secours de Thomas B. Reverdy

Une journée en banlieue, dans le 93, autour d’un lycée de Bondy proche du carrefour de l’A3, la N3 et l’immeuble en S.

Je suis passée par là en voiture un nombre incalculable de fois et je n’ai jamais imaginé qu’il y avait de la vie en dessous de ce grand pont… Je referme vite cette parenthèse perso 😉

On suit donc des élèves, des profs, un écrivain venu ce jour là au lycée et les jeunes à l’extérieur. Une tension qui monte au fil des pages, une violence sous latente mais à hauteur de jeunes que l’on pourrait connaître, de profs qui en veulent, qui essaient d’y croire et d’un écrivain qui lui aussi prend sa mission très au sérieux.

On vit cette journée un peu comme dans un film, la lecture est rythmée, on est avec les profs, les surveillants, les élèves et tout est lié, et va très vite. Chaque chapitre est une nouvelle séquence.

L’auteur met en avant avec l’écrivain, la littérature, est ce elle Le grand secours ? Elle qui permet de raconter une journée presque comme les autres de banlieue et de nous faire partager le froid, le ciel bleu, les mains glacées ou le nez rouge… Le flot aussi des jeunes qui se déverse sous ce pont abandonné.

Un roman intense qui rend hommage aux enseignants et accompagne les jeunes défavorisés.

Connaissez vous cet auteur ? Avez vous lu ce livre ?

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Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot

Gisèle Pelicot livre un témoignage poignant avec l’aide de Judith Perrignon sur sa vie, 50 ans de vie avec son mari, sa famille, le cataclysme des révélations, le procès et sa reconstruction.

La force de Gisèle Pelicot lui vient peut être d’avoir perdu sa mère très jeune, d’avoir été aimée par son père mais pas par la femme qu’il épousera ensuite en seconde noce.

Gisèle trouve l’amour très jeune, elle veut se marier, avoir des enfants, une famille. Inverser l’ordre des choses. Elle est de la génération des femmes qui assument totalement de s’occuper de la maison mais aussi de travailler à l’extérieur et de gagner de l’argent pour la famille. A l’époque, elle n’est pas vraiment sensible aux idées féministes.

Elle a élevé 3 enfants, elle s’occupe régulièrement de ses petits enfants, elle a fait une belle carrière à EDF.

Quand elle est convoquée au commissariat et que le policier lui dévoile ce qu’ils ont trouvé, elle n’y croit pas. Elle ne se reconnait pas sur les vidéos. La déflagration est immense, comme un TGV qui lui foncerait dessus.

Et cette déflagration est à rebondissement, sa fille est certaine qu’elle est victime également, ses garçons ont du mal à accepter tant d’horreurs de la part de leur père. Et s’il avait touché aux petits enfants ? Et pourquoi a t il fait des photos volées de ses belle-filles ?

Même s’ils veulent tous soutenir leur mère, il y a des moments de grande tension. Ils laissent la maison de Mazan, elle vient vivre chez l’un puis chez l’autre avant de comprendre qu’elle sera mieux seule dans une petite maison (mais il lui faut aussi éponger des dettes d’avant).

Le procès arrive, elle garde la tête haute, elle ne veut pas être juste une femme sous soumission chimique à la merci des hommes agresseurs. Elle ne veut pas du huis clos pour ne pas être seule avec ces 51 violeurs. Et pour que tout le monde sache ce qu’ils ont fait, que ce sont à eux d’avoir honte, ils sont les violeurs agresseurs, ils sont coupables.

Vous avez du suivre ce procès dans l’actualité. Aucun homme aujourd’hui ne doit plus pouvoir se retrancher derrière un « je ne savais pas » « je n’ai rien fait de mal, son mari était d’accord » ! Quelle horreur. Comment un homme peut il faire cela ? Et toutes les femmes qui ne se sentent pas bien, ont des pertes de mémoire inexpliquées, faites des analyses pour voir si on ne vous drogue pas à votre insu. Cela semble inimaginable mais on a la preuve que cela arrive. La domination masculine doit cesser, et quand cela arrive elle doit être punie.

Je m’éloigne un peu du livre, très peu…

Je veux mettre en avant le courage de Gisèle Pelicot, de sa famille aussi. J’espère qu’avec le temps, ils pourront passer de bons moments tous ensemble en famille, unis. Et qu’elle aura de belles années heureuses sur son île.

C’est un livre vraiment fort, Judith Perrignon, journaliste et écrivaine, a très bien transcrit les mots et les sentiments de Gisèle Pelicot. Un livre féministe qui dénonce les viols et l’emprise des hommes pour que la honte change de camp. Un grand pas est fait avec ce procès.

Avez vous lu ce livre ? Qu’en pensez vous ?

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