Archives de Catégorie: Cinéma

La corde au cou de Gus Van Sant

Une histoire vraie dans l’Amérique des années 70 (la grande période de la moustache !) Tony kidnappe Dick, le président et fils du directeur d’une société d’emprunt Meridian Mortgage qui a causé sa ruine. Il estime que c’est de leur faute, il veut des excuses et l’annulation de sa dette.

Il le garde en otage plusieurs jours, il avait bricolé un collier en fil de fer accroché au fusil qui empêchait la police d’intervenir. Ils négocient. On oscille entre tension extrême et des moments d’une espèce de communion entre les 2 hommes.

Les télés diffusent en direct et en continu la prise d’otage. Tony demande l’intervention de l’animateur matinal de la radio locale qu’il admire. La bande son est excellente, de la musique noire américaine des années 70, militante aussi.

Est ce que Tony est vraiment coupable ? Et Dick même avec son argent est il un homme heureux ? Et que dire de son père !

Un retour en forme pour Gus Van Sant qui combat le libéralisme. Bill Skarsgård et Dacre Montgomery sont excellents dans les 2 rôles.

Avez vous vu ce film ? Qu’en pensez vous ?

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Le cri des gardes de Claire Denis

Un film théâtral, lieu unique, temps court adapté de la pièce Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Pièce du début des années 80 qui dénonce le violence, l’oppression et la lutte pour le dignité humaine. On peut y voir les séquelles de la colonisation.

Le film se passe en Afrique de l’ouest, sur un grand chantier. Un homme noir derrière les grilles demande le corps de son frère qui vient de mourir sur le chantier. Le chef du chantier lui demande de revenir le lendemain car sa femme va arriver d’un moment à l’autre. C’est le jeune ingénieur du chantier qui est allé la chercher.

Tous se passe presque de part et d’autre de la grille. Ambiance nuit étouffante, lieu unique comme au théâtre, musique qui renforce le huis clos et la tension de la situation.

Les blancs vivent derrière les grilles, elles symbolisent ce qui reste de la domination coloniale. L’homme qui vient chercher son frère, Isaach de Bankolé excellent, a franchi cette barrière, il est d’un grand calme et montre le chemin de la résistance. Il veut la justice. Les gardes du chantier, depuis leurs miradors, font passer cette parole.

Matt Dillon est aussi impressionnant dans ce rôle de chef de chantier, chef, peu bavard, ses silences sont éloquents. Mais il doute également, on sent chez lui une certaine fragilité (ou culpabilité ?).

Un film hommage à l’écrivain mais qui est encore très actuel car les inégalités nord-sud et les violences sont encore bien trop présentes.

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ? Connaissiez vous la pièce ?

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Yellow Letters de Ilker Çatak

Le nouveau film du réalisateur de La salle des profs que j’avais bien aimé.

Un film allemand par un réalisateur d’origine turque. Le film est tourné à Berlin et Hambourg en lieu et place de Ankara et Istanbul. Un film politique sur l’autoritarisme du président Erdogan.

Aziz est professeur et auteur dramatique, il reçoit une lettre jaune qui le licencie car il a osé critiqué le président. Sa femme Derya, première comédienne du théâtre national reçoit quelques jours plus tard la même lettre jaune.

Tous les 2 sans travail, soucieux de l’avenir de leur fille adolescente, ils partent à Istanbul chez la mère d’Aziz.

Que faire pour continuer de vivre correctement ? Se taire, rentrer dans le rang ? Ou accepter la marginalité ? Et dans le couple les mêmes questions qui n’ont pas forcément les mêmes réponses. Il y a moins de tension que dans La salle de classe mais le film n’en est pas moins intéressant.

Les 2 comédien.nes Özgü Namal et Tansu Biçer sont excellent.es, la jeune Leyla Smyrna Cabas également.

Une bonne réflexion sur l’engagement artistique, et une grande inquiétude sur la liberté dans un pays sous un régime autoritaire…

Avez vous vu ce film ? Qu’en pensez vous ?

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Plus fort que moi de Kirk Jones

Une comédie sociale anglaise comme j’aime, à la fois dramatique et drôle 🙂

Le biopic de John Davidson, un écossais atteint du syndrome de Gilles de la Tourette et qui a travaillé à faire connaitre sa maladie neurologique. C’est principalement des tics sonores ou moteurs et pour une minorité des insultes lancées involontairement. Il a fait des documentaires et animé des groupes d’aide pour les malades.

Tout commence pendant son adolescence, personne ne comprend ce qui lui arrive, il est peu à peu exclu de tout, lycée, sport et grande difficulté dans sa famille.

Il retrouve un copain quelques années plus tard, sa mère infirmière en psy, elle aussi en souffrance, le comprend et l’aide du mieux qu’elle peut.

Le comédien Robert Aramayo est incroyable, il a d’ailleurs reçu le Bafta du meilleur acteur devant Timothée et Leonardo 😉 On espère très fort avec lui qu’un traitement va être trouvé pour permettre aux personnes atteintes d’avoir une vie.

Le film est très fort car c’est vraiment des situations difficiles, on a souvent peur pour lui, mais il y a également des scènes drôles toujours pleines de bienveillances. L’entretien d’embauche est excellent.

La bande son est excellente également, pop, rock britannique des années 90 🙂

Un film attachant, émouvant, drôle et utile. L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Un jour avec mon père de Akinola Davies

Un autre voyage en Afrique ( voir mon article hier sur No Home) au Nigeria lors de la crise de 1993.

Deux jeunes garçons jouent devant chez eux quand leur père qu’ils ne voient pas souvent rentre. Mais il doit vire repartir, devant la déception des enfants, il décide de les emmener avec lui à Lagos.

C’est le jour de la première élection présidentielle, tout le monde attend les résultats. Il y a une grande effervescence partout, de l’espoir, une envie de changement…

On traverse les environs de Lagos, puis la ville jusqu’à la mer. Les garçons regardent comme nous ce monde qu’ils semblent découvrir. Ils sont fiers de leur père, veulent tout partager avec lui, ces moments sont rares et précieux pour eux.

Le film est semi-autobiographique, une journée inoubliable, un hommage…

J’ai bien aimé cette plongée pour moi dans un monde inconnu et ce regard des enfants sur le monde adulte. Il y a depuis des élections au Nigeria, c’est une république, je ne vous en dis pas plus, je ne connais pas la politique du pays.

Avez vous vu ce film ? Qu’en pensez vous ?

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Marty Supreme de Josh Safdie

J’avais envie de voir ce film, j’aime bien Timothée Chalamet, l’occasion s’est présentée à Bordeaux dans un cinéma atypique, c’était sympa.

On a tellement entendu parler de Marty Supreme que j’ai un peu été déçue, c’est un bon film mais je m’attendais à plus. Cela explique peut être pourquoi il n’ a pas eu d’Oscar.

Un jeune homme dans les années 1950, champion de tennis de table, est sûr de lui, il sera champion du monde, le plus fort de tous.

Il fait tout pour aller jouer de grands matchs, au détriment de sa vie quotidienne et de sa famille et ses amis. Rien ne l’arrête, il sait qu’il va gagner. Et le film s’emporte avec lui, même ambition, ambition également de Timothée Chalamet, toujours à l’écran avec une énergie éblouissante. Une belle performance.

Le tourbillon nous emporte, un peu trop peut être 😉

La bande son années 80 est en décalage mais m’a fait sourire…

Avez vous vu le film ? Qu’en pensez vous ?

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Victor comme tout le monde de Pascal Bonitzer et Sophie Fillières

Petit film vu la semaine dernière avec une affiche qui faisait une belle pub au Velib et donc à l’équipe d’Anne Hidalgo… Et c’est drôle car Fabrice Luchini n’est jamais tendre avec l’ancienne maire de Paris.

On dirait que Luchini joue son propre rôle puisqu’il incarne un comédien qui lit du Victor Hugo sur scène.

Pour le reste a t’il une fille qu’il n’a pas beaucoup élevée et qui lui fait un peu peur ?

Les dialogues sont plein de parallèle entre les textes de Victor Hugo et l’histoire de ce comédien. Il est obnubilé par Victor Hugo mais plutôt calme dans son discours (par rapport à son flow verbal habituel).

Un film à voir seulement si vous aimez Luchini, sinon overdose 😉 Vous pouvez tenter si vous aimez Victor Hugo aussi. Sinon ce sera parfait à la télé 😉

J’ai passé un bon moment, un peu de calme au milieu de l’actualité guerrière, ça fait du bien.

Avez vous vu ce film ? Qu’en pensez vous ?

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La maison des femmes de Mélisa Godet

Un film inspiré par l’histoire de la Maison des femmes de St Denis. Dans cette maison, au sein de l’hôpital public, on aide les femmes victimes de violences.

Très majoritairement composée de femmes, l’équipe travaille à 100% pour redonner aux femmes l’envie de vivre. Des femmes violées, battues, excisées, perdues,qui ne se font plus confiance, qui ont tout perdu, qui sont sous emprise et risquent leur vie…

Les comédiennes principales sont magnifiques : Karine Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Juliette Armanet mais aussi on peut les citer Pierre Deladonchamps, Jean-Charles Clichet et Laurent Stocker.

Un lieu incroyable au service des femmes, de toutes les femmes, car la violence est partout, dans toutes les classes sociales, toutes les régions.

Il faut par l’éducation, arriver à anéantir ce fléau que sont les violences faites aux femmes, et donner aux structures et associations les moyens d’aider concrètement toutes les femmes victimes et leurs enfants.

Un film essentiel pour continuer plus fort encore à se battre pour les droits des femmes.

C’est le premier film de la réalisatrice. L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Rue Malaga de Maryam Touzani

Film vu en avant-première mais maintenant il est sorti et je vous le conseille 😉

Il y a tout un quartier espagnol à Tanger, c’est là qu’a grandit la réalisatrice qui a écrit ce film en pensant à sa mère et à sa grand-mère.

Maria Angeles vit à Tanger dans un appartement meublé de tout ses souvenirs. Sa fille qui vit à Madrid vient lui rendre visite et lui annonce qu’elle va vendre l’appartement et qu’elle doit venir avec elle à Madrid.

Maria Angeles ne peux envisager de quitter sa ville, sa rue, ses commerçants, le cimetière où sont enterrés son mari et ses amies. Elle attend le départ de sa fille pour retourner chez elle , racheter ses meubles et trouver des solutions pour gagner un peu d’argent.

Maria Angeles a une énergie folle malgré son âge, elle croque dans la vie, ne se décourage pas et raconte toutes ses aventures à une soeur du couvent (avec tellement d’humour).

Un très beau film sur la vieillesse, le droit de vivre quelque soit son âge. Il met en valeur aussi toute la sensualité de cette femme qui peut encore séduire et être séduite. Carmen Maura, grande actrice des films d’Almodovar est magnifique, sensible et drôle dans ce rôle qui semble fait pour elle.

Un hommage aussi à ce quartier espagnol de la ville de Tanger où tout le monde s’entraide quelque soit la nationalité ou la religion.

Nous avons pu, après la projection, échanger avec la réalisatrice Maryam Touzani, c’était très intéressant. Les Cinémas du palais partage ce moment en podcast.

Maryam Touzani a réalisé Le Bleu du Caftan, un très beau film également.

Connaissez vous son travail ? Avez vous vu le film ? Qu’en pensez vous ?

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Les dimanches de Alauda Ruíz de Azúa

Le film parfait pour un dimanche matin 😉

Ainara, jeune fille de 17 ans étudie dans un lycée catholique. Elle a perdu sa mère et a du mal à communiquer avec son père qui a des problèmes d’argent. Elle est très proche de sa tante Maite. Elle a des ami.e.s, sort, vie normalement et il y a un jeune garçon qui lui plait.

Mais elle annonce à sa famille qu’elle souhaite faire une période d’intégration dans un couvent pour rentrer dans les ordres.

Son père, en apprenant que ça ne coûte rien, ne s’y oppose pas. Pour Maite, c’est insupportable, sa nièce va gâcher sa vie, elle doit faire des études, découvrir le monde et la vie, ensuite elle pourra choisir…

La jeune fille est déterminée… et cela bouleverse toute la famille.

Je ne vous en dis pas plus, même si c’est déjà peut être trop, pour vous laisser découvrir.

Quand mes garçons étaient petits, on espérait qu’ils ne choisissent pas d’entrer dans la police, on n’a jamais pensé à la religion mais cela doit être compliqué pour des parents de voir aujourd’hui leur enfant choisir de vivre cloitré.

Le film ne juge pas, ni la jeune fille, ni la mère supérieure du couvent, ni la famille. Le film est tout en retenue, à nous de comprendre ses motivations. Que représente la foi aujourd’hui ? Peut on croire à l’appel de Dieu ? Qu’est ce que la vocation ? Quelle est la part des influences ?

Alauda Ruíz de Azúa a également réalisé Querer la série sur les violences conjugales que je vous conseille également

Avez vous vu ce film ? Alauda Ruíz de Azúa est une réalisatrice espagnole à suivre…

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