Archives de Catégorie: Cinéma

L’abandon de Vincent Garenq

Il s’agit du film sur les derniers jours de Samuel Paty, professeur d’histoire assassiné le 16 octobre 2020 à Conflans Ste Honorine.

Ca commence de façon un peu brutale, les dernières pensées du professeur en sortant du lycée, on plonge direct dans l’horaire. Puis le film reprend le cours de l’histoire, on est au lycée, on suit les cours, on suit le prof dans sa vie avec son fils.

Il propose comme prévu dans le programme un cours sur la liberté d’expression, il va montrer les dessins de Charlie Hebdo, il propose aux enfants qui ne veulent pas les voir de sortir un instant de la salle.

Une élève pour cacher ses absences et son indiscipline au collège va mentir à ses parents à propos de ce cours. le père s’énerve, trouve des alliés et publie sur les réseaux sociaux une vidéo mensongère accusant le prof de tous les défauts…. Et l’engrenage s’enclenche…

Le film reste sobre qui montre tout le déroulé avec précision, comme on connait malheureusement la fin, cela renforce l’intensité. Les acteurs et actrices sont vraiment bien interprétés. Antoine Reinartz est poignant, Emmanuelle Bercot également. les jeunes sont très bien aussi.

La police et la ville ont sous estimé les menaces, on ne comprend pas qu’il n’ait pas été protégé officiellement même s’il est vrai, comment imaginer l’impensable ? Mais la cellule anti-terroriste c’est quand même son métier…

Soutien à sa famille et à tous les profs, au monde enseignant…

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Autofiction de Pedro Almodóvar

Je vais voir les films d’Almodóvar, un peu comme on regarde les séries, j’aime retrouver son monde coloré.

Cette fois on entre dans une double histoire.

D’un coté Elsa qui vient de perdre sa mère et est plongée dans le travail. Quand elle fait des crises d’angoisses, elle doit se reposer et part à Lanzarote. Là-bas elle retrouve le goût de l’écriture en s’inspirant des mésaventures de ses amies.

De l’autre, 20 ans plus tard, Raùl cinéaste, écrit un scénario qui est l’histoire d’Elsa. Il s’inspire de sa propre vie, de son ami et de son assistante.

J’aime l’univers coloré, précis des décors et des tenues des films d’Almodóvar. Mais cette fois, j’ai eu du mal à suivre, je me suis perdue entre les 2 histoires, cherchant à comprendre les liens entre les 2. Et du coup je suis un peu passée à côté du reste.

Almodóvar film un cinéaste en mal d’inspiration et appelle le film : autofiction ! Qui inspire qui en fait ? Raùl est il Almodóvar ?

J’ai bien aimé les acteurs, Raùl, Leonardo Sbaraglia est très bien. On retrouve Victoria Luengo vue dans L’être aimé la semaine dernière et puis petit clin d’oeil pour Patrick Criado qui fait un striptease incroyable !

Aimez vous le cinéma de Pedro Almodóvar ? Avez vous vu celui là ? Qu’en pensez vous ?

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L’être aimé de Rodrigo Sorogoyen

J’aime les films de Rodrigo Sorogoyen surtout As bestas, le film est à Cannes et avec Javier Bardem… Il passe dans mon cinéma, j’y vais sans rien lire !

Le sujet est difficile pour moi. Une jeune femme, Emilia, déjeune avec son père Esteban, alors qu’il l’a abandonnée pendant des années. Il vaut « réparer » en lui offrant un grand rôle dans son film. C’est un réalisateur, reconnu, oscarisé, il a privilégié sa carrière en partant au Etats-Unis où il a refait sa vie.

Emilia accepte le rôle mais retrouver son père qu’elle ne connait pas, travailler avec lui, oublier le mal qu’il a fait à sa mère et à elle, ce n’est pas si simple.

Le film se passe dans le désert, ils tournent donc dans un lieu isolé, toute l’équipe vit ensemble ce qui créé vite un climat oppressant. Javier Bardem, en maitre absolu sur son film, voudrait gagner l’amour de sa fille. Victoria Luengo est complétement à la hauteur face à ce monstre de cinéma. L’ombre de sa mère plane sur elle.

Une grande tension pour un film subtil plein d’émotion. Peut être juste est il un peu trop long ! C’est quoi cette mode des films de plus de 2 heures ?

Vous avez vu et aimez ce film ?

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La Vénus électrique de Pierre Salvadori

Très agréable film pour l’ouverture du Festival de Cannes. Un scénario sympathique, dans le Paris de la fin des années 20, Suzanne au sein de la fête foraine distribue des « baisers électriques » grâce à un système qui fait des éclairs mais lui brûle aussi la peau.

Un soir alors qu’elle est dans la caravane de la voyante, un homme lui demande son aide, il semble riche. Suzanne joue le jeu pour soulager Antoine, un peintre désespéré par la mort de sa femme Irène.

Suzanne, Anaïs Demoustier et Irène, Vimalas Pons sont superbes en femmes déterminées de cette époque. Les hommes sont en rendez vous également, Pio Marmaï est excellent en peintre inconsolable qui cherche à oublier dans l’alcool, et Armand, Gilles Lellouche en ami-marchand inquiet.

Suzanne, en médium, fait donc revenir Irène pour réconforter Antoine et surtout qu’il recommence à peindre. Armand l’aide en lui confiant quelques anecdotes sur le couple.

C’est un film sur l’amour, la perte de l’être cher mais aussi l’éveil amoureux… Le fond étant plus sombre : deuil, alcoolisme, drogue, précarité. Les décors de la fête foraine sont superbes, la reconstitution historique très crédible. C’est plein d’émotions et de poésie.

On sort de la salle avec le sourire et cela fait du bien.

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

J’avais beaucoup aimé le film En liberté ! de Pierre Salvadori avec Adèle Haenel et déjà Pio Marmaï 🙂

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Juste une illusion de Eric Toledano & Olivier Nakache

Un très bon moment de cinéma, retour au temps de l’adolescence avec une chouette bande son des années 80 ❤

On retrouve plein de détails que l’on n’a pas oublié, c’est drôle mais aussi touchant. Bon moment de nostalgie.

Les jeunes comédien.nes sont admirables. Les « vieux » également. J’adore Pierre Lottin en gardien homme à tout faire super. Louis Garrel a un look incroyable et Camille Cottin est géniale comme toujours.

Le rythme du film est enlevé, entre disputes, situations abracadabrantes et vraiment drôles.

Plein de sujets « sérieux » sont abordés indirectement : le chômage des cadres, la libération de la femme, l’immigration, la religion, les jeux comme espoir (la mémorable valise RTL), l’espoir et la rébellion de la jeunesse, le militantisme, Touche pas à mon pote… et puis la découverte amoureuse.

Mon film préféré des réalisateurs reste Le sens de la fête mais celui là est excellent aussi 🙂 On passe un très bon moment si on a connu cette époque des années 80. Pour les plus jeunes, je ne sais pas !

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Sorda de Eva Libertad

Un très beau film sur un handicap, ce n’est pas souvent. Angela et Hector sont en couple, ils désirent un enfant. Angela est sourde, Hector est entendant.

Angela est enceinte et inquiète, son bébé sera t’il entendant et comment se fera le lien avec elle.

Pour l’accouchement, Hector est ses oreilles, il lui traduit en langue des signes mais l’accouchement se complique et il doit laisser la place aux personnels soignants, Angela se retrouve seule dans son silence. Le bébé va bien. On ne peut savoir tout de suite si elle entend.

Pas facile de vivre dans le monde des entendants qui oublient très vite la surdité d’Angela. Lors d’un repas entre ami.e.s, ils et elles ont tendance à parler en même temps, à ne pas la regarder alors qu’elle lit sur les lèvres… Compliqué. Elle est plus épanouie avec ses ami.e.s sourd.e.s. Quelle sera la place de sa fille ?

Le film est sous titré pour les mal-entendant, avec un code couleur pour les voix, les voix off, les bruits… Et puis on passe en mode « on entend comme Angela », c’est impressionnant. On n’imagine pas en fait, ce n’est pas vraiment le silence. C’est émouvant.

Un beau film sur la maternité, le handicap, le couple…

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Nous l’orchestre de Philippe Béziat

Un film documentaire sur l’Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris, c’est très intéressant.

On voit le travail des musiciens et musiciennes, et pour moi c’est tellement fou qu’ils et elles soient tellement ensemble à la seconde près. Et tous les instruments ont leur rôle…

On peut voir sous la direction de Klaus Mäkelä, des instruments que l’on ne connait pas beaucoup, le cor anglais par exemple, les répétitions, les morceaux qui apparaissent. Cela avec en plus des entretiens, des anecdotes, des confidences sur la vie de l’orchestre. C’est un portrait de l’orchestre mais aussi de quelques musiciens et musiciennes. On apprend plein de choses 😉

Le film permet aussi une promenade dans la Philharmonie, bâtiment de Jean Nouvel, magnifique.

Ce film donne envie d’aller voir des concerts classiques, c’est top. Je vous encourage aussi à la faire, la grande salle de la philharmonie est magnifique, le son est incroyable, on entend parfaitement de partout, il y a des places pas chères…

Ecouter et voir un concert classique, même quand on n’y connait rien, c’est une belle expérience.

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À voix basse de Leyla Bouzid

Un film fort de femmes, de magnifiques portraits portés par de belles actrices.

Lilia qui vit à Paris retourne dans son village tunisien pour l’enterrement de son oncle. Il a été retrouvé nu dans la rue. Il y a de nombreux mystères autour de lui, de sa vie. Lilia veut en savoir plus.

Les silences, les secrets sont principalement au sein de sa propre famille sous l’autorité de sa grand-mère. Sa mère et sa tante ne disent rien pour préserver tout le monde.

Le secret de famille est l’homosexualité de l’oncle, les non-dits, la loi tunisienne ont gâché sa vie et celle de ses proches. Lilia est d’autant plus concernée qu’elle vit avec une femme à Paris et qu’elle n’ose pas le dire à sa mère.

Je ne comprends pas comment des lois peuvent exister contre l’homosexualité, alors que l’orientation sexuelle est une partie intime et naturelle de l’identité de chacun. Pourquoi des familles rejettent-elles leur enfant ou ne veulent pas voir simplement parce qu’iel est homosexuel·le ? Mystère…

La jeune actrice Eya Boutera est superbe dans le rôle, et les femmes de la génération au dessus sont aussi magnifiques. On retrouve aussi Marion Barbeau, la comédienne danseuse qui nous offre quelques minutes d’une danse endiablée.

Un film plein d’émotion. L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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La corde au cou de Gus Van Sant

Une histoire vraie dans l’Amérique des années 70 (la grande période de la moustache !) Tony kidnappe Dick, le président et fils du directeur d’une société d’emprunt Meridian Mortgage qui a causé sa ruine. Il estime que c’est de leur faute, il veut des excuses et l’annulation de sa dette.

Il le garde en otage plusieurs jours, il avait bricolé un collier en fil de fer accroché au fusil qui empêchait la police d’intervenir. Ils négocient. On oscille entre tension extrême et des moments d’une espèce de communion entre les 2 hommes.

Les télés diffusent en direct et en continu la prise d’otage. Tony demande l’intervention de l’animateur matinal de la radio locale qu’il admire. La bande son est excellente, de la musique noire américaine des années 70, militante aussi.

Est ce que Tony est vraiment coupable ? Et Dick même avec son argent est il un homme heureux ? Et que dire de son père !

Un retour en forme pour Gus Van Sant qui combat le libéralisme. Bill Skarsgård et Dacre Montgomery sont excellents dans les 2 rôles.

Avez vous vu ce film ? Qu’en pensez vous ?

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Le cri des gardes de Claire Denis

Un film théâtral, lieu unique, temps court adapté de la pièce Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès. Pièce du début des années 80 qui dénonce le violence, l’oppression et la lutte pour le dignité humaine. On peut y voir les séquelles de la colonisation.

Le film se passe en Afrique de l’ouest, sur un grand chantier. Un homme noir derrière les grilles demande le corps de son frère qui vient de mourir sur le chantier. Le chef du chantier lui demande de revenir le lendemain car sa femme va arriver d’un moment à l’autre. C’est le jeune ingénieur du chantier qui est allé la chercher.

Tous se passe presque de part et d’autre de la grille. Ambiance nuit étouffante, lieu unique comme au théâtre, musique qui renforce le huis clos et la tension de la situation.

Les blancs vivent derrière les grilles, elles symbolisent ce qui reste de la domination coloniale. L’homme qui vient chercher son frère, Isaach de Bankolé excellent, a franchi cette barrière, il est d’un grand calme et montre le chemin de la résistance. Il veut la justice. Les gardes du chantier, depuis leurs miradors, font passer cette parole.

Matt Dillon est aussi impressionnant dans ce rôle de chef de chantier, chef, peu bavard, ses silences sont éloquents. Mais il doute également, on sent chez lui une certaine fragilité (ou culpabilité ?).

Un film hommage à l’écrivain mais qui est encore très actuel car les inégalités nord-sud et les violences sont encore bien trop présentes.

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ? Connaissiez vous la pièce ?

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