Archives de Tag: précarité

Prendre soin de Alexander Zeldin au Théâtre des Abbesses

Pièce présentée par le Théâtre de la Ville dans le cadre des Chantiers d’Europe. Alexander Zeldin est un dramaturge et metteur en scène britannique.

Beyond caring est sa première pièce de 2014, il l’adapte avec le Théâtre National de Strasbourg en français : Prendre soin.

C’est une pièce réaliste, nous sommes dans la salle de repos d’une boucherie industrielle. Les personnes chargées du ménage viennent d’être embauchées dans des agences d’intérim, elles travaillent la nuit. On suit leur travail et les pauses. On est dans la salle de repos amis elles y travaillent quand même.

Un noir complet de quelques secondes, scène et salle, avec un bruit fort d’usine pour les changements de tableau… C’est intense.

Un décor un peu sinistre, une pièce froide, carrelage, béton, grandes étagères en bazar, une table, quelques chaises… Les femmes et l’homme de ménage parlent peu. On devine quelques traits personnels mais aucun.e ne se confie réellement. Tout est en retenue. Elles et il sont très réservés, il leur faut travailler, pas le choix, pas besoin de s’épancher…

Le « chef » est le plus dynamique, le plus expansif… Il les pousse à travailler plus, il leur impose des réunions sans intérêt, des drôles de tests… Bienvenue dans le monde du travail des précaires… C’est un peu documentaire. On attend qu’il se passe un truc, mais non le quotidien est juste fatigant et réel.

On peut faire un parallèle avec le cinéma de Ken Loach même si voir cette détresse du quotidien sur scène c’est troublant, on a l’impression de la toucher et peut être d’y participer. Mon fils, touché, à la fin avait envie d’aller les aider à finir de nettoyer la scène…

Les comédiennes et comédiens sont justes et intenses, c’est tellement réel. Peut être juste moins fort ou impressionnant que Love son précédent spectacle.

Connaissez vous le théâtre de Alexander Zeldin ?

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A pied d’oeuvre de Valérie Donzelli

J’ai pu voir ce film dans le cadre du Festival Télérama au Cinéma du palais en avant-première. Il y avait ensuite un débat au cinéma la Balzac à paris, retransmis dans les salles du réseau Afcae. On pouvait poser des questions par sms à la réalisatrice Valérie Donzelli, au comédien Bastien Bouillon et à l’écrivain Franck Courtès (qui a écrit le livre à l’origine du film)

En voyant l’affiche, ayant entendu qu’il parlait d’un artiste, j’ai cru que c’était l’histoire d’un sculpteur et bien pas du tout 😉

Paul est un photographe reconnu qui décide de tout arrêter pour devenir écrivain. Il réussi à publier deux ou trois romans mais il n’y a pas assez de ventes, il ne gagne presque rien. Sa femme le quitte, il perd presque tout.

Il se retrouve dans un studio en entre sol, il regarde des pieds passer sur le trottoir en écrivant. Il est obligé de faire des petits boulots. Il s’inscrit sur une plateforme de bricolage, style Uber, super mal payé, en fait c’est celui qui propose le prix le plus bas qui est embauché et ils sont nombreux à avoir besoin d’argent. Il fait aussi le taxi Uber.

L’auteur et donc le film décrivent la précarité, Paul ne se plaint pas, tant qu’il peut écrire, manger un peu et dormir au chaud, tout va bien. Sa famille, ses proches ne comprennent pas.

A travers ses petits boulots, il nous montre une société libérale en bout de course. L’uberisation à tout va plonge des hommes et des femmes plein de bonne volonté dans une précarité encore plus grande. La rémunération est complétement instable et très faible et sans droits sociaux. C’est de l’exploitation pure, un esclavage moderne.

C’est moi qui m’enflamme, le film dénonce tout cela mais de façon disons subjective.

J’ai vraiment bien aimé, Bastien Bouillon est quasiment de tous les plans, gros plan même et il est excellent dans ce rôle (dans les autres aussi).

J’ai envie de lire le livre maintenant car il est plus dense encore.

Vous me direz quand vous l’aurez vu, le film sort le 4 février.

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Love de Alexander Zeldin – La commune

Théâtre samedi dernier dans le cadre de notre abonnement à l’Odéon, spectacle proposé hors les murs. C’est bien pour découvrir de nouveaux lieux.

C’est une pièce de théâtre disons naturaliste, l’auteur ne cherchant pas à faire du documentaire. Pourtant suivre des familles en détresse dans un centre d’hébergement, nous confronte directement au réalisme de situations difficiles.

Nous sommes avec eux, dans ce centre, mais bien impuissants pour soulager leurs peines.

Une femme âgée malade et son fils attendent depuis plus d’un an, une famille recomposée espère tous les jours une solution, une femme, un homme réfugié attendent sans se plaindre.

Le quotidien dans cette salle commune à la lumière blafarde replace la réalité sociale, notre réalité. C’est possible de tout perdre, très vite aussi. Ils sont à la fois tellement fragiles et dans le même temps ils ont la force de vivre et de pouvoir encore aimer.

Une partie du public est sur scène, les comédien.ne.s font corps avec la salle, mais je n’ai aps réellement saisi l’intérêt. Par contre quand la vieille femme descend dans les rangs du publics pour sortir, c’est très fort.

Ce n’est pas un spectacle facile mais il y a des moments tellement émouvants, si forts, la précarité de la vie jaillit sur chaque instant.

Un spectacle à voir encore quelques jours à Aubervilliers.

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Les victorieuses de Laetitia Colombani

Suite à ma lecture de Le cerf-volant, j’ai eu envie de lire le livre précédent de Laetitia Colombani.

Le livre nous présente le parcours de Solène, avocate qui suite à un burn out va devenir bénévole pour aider des femmes précaires. Et ce travail auprès de ces femmes va lui permettre d’avancer.

En parallèle, l’auteure nous conte la vie de Blanche Peyron qui a voué sa vie à l’Armée du salut et a aidé les femmes précaires.

Le livre est bien écrit et on a hâte de savoir ce qui va se passer, cela se lit vite, c’est prenant.

On découvre avec Solène le quotidien de femmes précaires qui ont été sdf, qui ont fui leur pays, qui ont manqué de chance, qui ont subi des maltraitances… Et ces femmes sont fortes, elles forcent le destin.

Toute la partie sur l’Armée du Salut et le travail de Blanche Peyron (et son mari Albin) est très intéressante. Je ne la connaissais pas, je penserai à elle à présent quand j’irai rue de Charonne.

Un livre fort sur la cause des femmes.

J’ai lu ce livre en même temps que mon amie blogueuse Manika, vous pouvez lire son article également.

L’avez vous lu ? Aimez vous cette auteure ?

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Louise Wimmer de Cyril Mennegun

Capture d’écran 2012-01-25 à 09.51.40On est peu de chose et la vie peut basculer du jour au lendemain. Ce film parle de précarité autour d'une femme qui a tout perdu sauf sa dignité. Son espoir de reconstruction passe par l'obtention d'un appartement.

Elle est criblée de dette, bosse comme femme de chambre dans un hôtel, elle fait également des ménages. La patronne d'un bar l'aide occasionnellement, elle a quelques amis à qui elle ne dit rien de sa situation… Elle reste fière et digne. Un peu trop peut être…

L'actrice Corinne Masiero est exceptionnelle dans le rôle. Le film montre toute le douleur et les difficultés quotidiennes quand on vit dans sa voiture. C'est fort et pesant… Le sujet n'est pas facile mais par moment j'avais envie de l'obliger à se faire aider… Il n'y a pas de honte à avoir besoin d'aide et oser la demander afin de pouvoir rebondir.

Je vous conseille ce film, un superbe portrait de femme.