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Le Consentement de Vanessa Springora

Ce sont les bibliothécaire de mon travail qui m’ont proposé ce livre en même temps que celui de Clémentine Autain.

J’ai entendu une interview mais je ne l’aurai pas acheté.

Je n’avais jamais entendu parler de G.M. avant. Pourtant je regardais Apostrophe régulièrement il y a longtemps !

Le livre est très bien écrit, l’auteure analyse sa vie, son vécu, cet « amour » qu’elle a eu si jeune et ses conséquences sur toute sa vie.

Elle « n’accuse » pas ses proches, elle replace dans l’époque ce qui aujourd’hui parait quand même assez incroyable.

La force du livre est de montrer comment ce qui s’est passé alors qu’elle avait 13 ans a influencé toute sa vie. Tout le temps qu’il lui a fallu pour comprendre, pour pouvoir en parler, pour réussir à dépasser ce qui lui était arrivé, réussir à se détacher de cet homme, ne plus souffrir en entendant parler de lui et construire sa propre vie.

Pourquoi y a t il dans la loi un temps de prescription sachant que les victimes mettent des années, des décennies à y voir clair et à trouver le force de parler ?

Le livre a fait polémique, j’avais peur de faire un peu « voyeur » mais pas du tout, l’écriture est très pudique. Il faut que la honte change de camp.

Et j’applaudis le courage de ces femmes qui osent parler. Respect.

L’avez vous lu ? Qu’en pensez vous ?

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Grâce à Dieu de François Ozon

Je voulais voir ce film, je connaissais le sujet et je ne suis pas surprise par ce qu’il montre… Enfin si un peu quand même.

J’ai fait 12 ans d’école catho avec des soeurs surtout en primaire et des profs laïques. J’ai été pensionnaire et on avait prières en fin de journée et messes dès qu’une occasion se présentait.

Il ne m’est rien arrivé !

Je garde de bons souvenirs de ma scolarité protégée. Je garde aussi les valeurs profondes de cette religion que j’ai arrêté de pratiquer ensuite. Jeune femme je me suis dit que j’avais assisté à mon quota de messes et trucs du genre pour toute ma vie !

Par contre même si cela ne correspond pas à l’image d’une syndicaliste féministe engagée, je reste croyante. Je crois en un Dieu unique, le même pour toutes et tous quel que soit le nom qu’on lui donne et je suis farouchement opposée à tous les extrémismes (religieux ou autres). Mon Dieu me rassure.

Je crois en la bonté des humains, la foi dans son prochain, je suis une personne gentille (trop ?) et ça me va bien. J’aime aider, partager, donner et finalement au quotidien ce n’est pas si simple. Je pardonne, je ne suis pas rancunière, j’aimerai pouvoir davantage dire ce que je pense mais je reste réservée malgré mes efforts pour évoluer, depuis peu j’essaie de me protéger.

Les restes de mon éducation catho sont bien présents dans la femme que je suis aujourd’hui.

Alors quand je vois un film comme Grâce à Dieu, forcément mille questions me brouillent l’esprit. Rassurez vous je ne vais pas tenter d’y répondre ici 😉

Le film est très bien fait, les acteurs parfaits avec un Melvil Poupaud incroyable (vous savez mon faible pour lui) mais aussi Denis Ménochet et Swann Arlaud.

De jeunes garçons scouts ont subi des attouchements de la part du prêtre qui gérait le camp.  Ils se retrouvent 20 ou 30 ans plus tard, et parlent enfin. Ils ont plus ou moins réussis leur vie mais la blessure est là encore, tellement présente pour certains. Alexandre est resté Catho, il en veut au prêtre pas à l’Eglise mais devant son inaction il s’interroge de plus en plus. Et c’est lui, après avoir réalisé que même le Pape ne ferait rien, qui porte sa plainte en justice. François et Gilles portent plainte également et devant l’afflux de témoignages, créent l’association « La parole libérée » car c’est surtout de cela qu’il s’agit pour eux : témoigner, dire enfin l’innommable, et faire en sorte que cela ne se produise plus en empêchant définitivement ce prêtre d’être en contact avec les enfants.

Il y a des scènes très forte dans le film, quand le Père reconnaît les faits, dit qu’il est comme ça, qu’il n’y peut rien et qu’il ne demande même pas pardon. La souffrance dans le regard d’Alexandre quand il revoit le Père. Les crises physiques d’Emmanuel quand on lui parle du Père. La colère de François quand son frère n’en peut plus de son côté « victime »… Tout est fort en fait.

Hier le Cardinal Barbarin a été condamné par la justice pour non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs, l’association de victimes La Parole libérée considère cette condamnation comme « une grande victoire pour la protection de l’enfance ». On attend maintenant le procès du Père Preynat.

Je vous laisse aller voir le film si ce n’est déjà fait et me dire ce que vous en pensez… Merci.