
Gisèle Pelicot livre un témoignage poignant avec l’aide de Judith Perrignon sur sa vie, 50 ans de vie avec son mari, sa famille, le cataclysme des révélations, le procès et sa reconstruction.
La force de Gisèle Pelicot lui vient peut être d’avoir perdu sa mère très jeune, d’avoir été aimée par son père mais pas par la femme qu’il épousera ensuite en seconde noce.
Gisèle trouve l’amour très jeune, elle veut se marier, avoir des enfants, une famille. Inverser l’ordre des choses. Elle est de la génération des femmes qui assument totalement de s’occuper de la maison mais aussi de travailler à l’extérieur et de gagner de l’argent pour la famille. A l’époque, elle n’est pas vraiment sensible aux idées féministes.
Elle a élevé 3 enfants, elle s’occupe régulièrement de ses petits enfants, elle a fait une belle carrière à EDF.
Quand elle est convoquée au commissariat et que le policier lui dévoile ce qu’ils ont trouvé, elle n’y croit pas. Elle ne se reconnait pas sur les vidéos. La déflagration est immense, comme un TGV qui lui foncerait dessus.
Et cette déflagration est à rebondissement, sa fille est certaine qu’elle est victime également, ses garçons ont du mal à accepter tant d’horreurs de la part de leur père. Et s’il avait touché aux petits enfants ? Et pourquoi a t il fait des photos volées de ses belle-filles ?
Même s’ils veulent tous soutenir leur mère, il y a des moments de grande tension. Ils laissent la maison de Mazan, elle vient vivre chez l’un puis chez l’autre avant de comprendre qu’elle sera mieux seule dans une petite maison (mais il lui faut aussi éponger des dettes d’avant).
Le procès arrive, elle garde la tête haute, elle ne veut pas être juste une femme sous soumission chimique à la merci des hommes agresseurs. Elle ne veut pas du huis clos pour ne pas être seule avec ces 51 violeurs. Et pour que tout le monde sache ce qu’ils ont fait, que ce sont à eux d’avoir honte, ils sont les violeurs agresseurs, ils sont coupables.
Vous avez du suivre ce procès dans l’actualité. Aucun homme aujourd’hui ne doit plus pouvoir se retrancher derrière un « je ne savais pas » « je n’ai rien fait de mal, son mari était d’accord » ! Quelle horreur. Comment un homme peut il faire cela ? Et toutes les femmes qui ne se sentent pas bien, ont des pertes de mémoire inexpliquées, faites des analyses pour voir si on ne vous drogue pas à votre insu. Cela semble inimaginable mais on a la preuve que cela arrive. La domination masculine doit cesser, et quand cela arrive elle doit être punie.
Je m’éloigne un peu du livre, très peu…
Je veux mettre en avant le courage de Gisèle Pelicot, de sa famille aussi. J’espère qu’avec le temps, ils pourront passer de bons moments tous ensemble en famille, unis. Et qu’elle aura de belles années heureuses sur son île.
C’est un livre vraiment fort, Judith Perrignon, journaliste et écrivaine, a très bien transcrit les mots et les sentiments de Gisèle Pelicot. Un livre féministe qui dénonce les viols et l’emprise des hommes pour que la honte change de camp. Un grand pas est fait avec ce procès.
Avez vous lu ce livre ? Qu’en pensez vous ?
4ème de couverture :
« Cette histoire ne m’appartient plus totalement. Elle a réveillé une douleur muette et profonde, montée de la nuit des temps. Elle a suscité la sidération. Comment comprendre ce qui m’est arrivé, ce que mon calvaire a ensuite déclenché ? Il m’a fallu marcher le long d’une faille, la mienne. Comme le funambule sur la corde raide, je dois avancer.
Je voudrais par ce livre mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre.
Dire que je suis vivante. »
Ce récit bouleversant, écrit avec la romancière Judith Perrignon, raconte l’histoire exceptionnelle de Gisèle Pelicot et celle de sa courageuse décision de rendre public le procès de ses agresseurs, encourageant par son geste toutes les victimes à ne plus jamais avoir honte.
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Il était nécessaire d’entendre vraiment son ressenti, le pourquoi de sa décision de rendre public le procès de son mari agresseur et de la suivre tout au long de son chemin, de la révélation à la cour d’appel. Judith Perrignon s’est complètement effacée mais a su transcrire parfaitement les paroles de Gisèle Pelicot.
Un livre important. Une affaire hors norme. La honte qui a changé de camp ! Les hommes ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas ! Bref, à lire !
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