Ion de Christos Papadopoulos au Théâtre des Abbesses

Danse ce soir avec ce jeune chorégraphe grec, Christos Papadopoulos.

Je croyais avoir déjà vu son travail mais je ne retrouve pas ! C’est la présentation de saison qui a du me décider alors. J’aime bien découvrir des jeunes chorégraphes…

Le ballet commence dans le noir avec juste un trait de lumière en fond de scène et on devine que les danseurs courent partout.

La lumière monte légèrement et ensuite les danseurs se déplacent en groupe tout doucement au rythme lent de la musique, on a l’impression qu’ils ne bougent pas, ils glissent vraiment doucement, c’est comme hypnotisant. Ils finissent par se séparer dans la même lenteur…

Tout le monde n’a pas apprécié mais je me suis laissée emporter et j’ai bien aimé cette lenteur répétitive. J’ai bien aimé la musique également.

Pour le sens caché de tout cela je vous laisse lire en dessous le pitch du théâtre.

Pour conclure, c’est un ballet très Théâtre de la Ville 😉

Le pitch du théâtre de la Ville :

Recherche(s) fondamentale(s)

Pour Ion, Christos Papadopoulos a cherché du côté de la physique, de la sociologie et même de l’ornithologie. Pour un retour aux sources en toute sobriété.

Christos Papadopoulos est un jeune chorégraphe. Grec. Et en vogue. Ce qui, a priori, le prédestine à créer des fresques où se chevaucheraient une myriade de mythes antiques et fondateurs, pour être revus par le prisme des crises actuelles, comme chez Dimitris Papaioannou et autres Euripides Laskaridis, récemment passés par les scènes du Théâtre de la Ville. Mais il n’en est rien chez Papadopoulos. Ce jeune prodige creuse des strates plus ancestrales encore, en investiguant sur un possible secret de la nature qui pourrait, sans que nous en ayons conscience, déterminer le vivre-ensemble des humains : Un code-source de la cohésion sociale. Le chorégraphe endosse alors l’habit de la recherche fondamentale et se tourne vers les êtres dont le rapport au monde n’a guère changé depuis leur apparition : les animaux.

Dans Elvedon, sa première création qui date de 2016, il se laissa inspirer par les vagues maritimes et les bancs de poissons. Pour Ion, pièce pour dix danseurs, il s’intéresse à deux principes-clés en physique et en sociologie qui sont directement liés à l’un des drames humains majeurs de nos jours : la migration. Côté physique, il décortique la structure nucléaire des électrons, formant les ions, dont le nom découle directement du verbe grec ienai : aller, marcher. Ensuite, il scrute la mystérieuse capacité des oiseaux migrateurs à former des essaims parfaitement aérodynamiques, optimisant les ressources de chaque individu, tout en érigeant le collectif en valeur suprême, partagé par tous. On ne peut qu’être intrigué par leur capacité à se projeter dans un projet collectif, à l’heure où l’humanité bascule vers un absolu égotiste et perd toute capacité à coopérer pour survivre.

Sur scène, Papadopoulos reconduit son petit microcosme vers des motifs fondamentaux : une communauté originelle, concevant le temps comme cyclique et l’unisson comme primordial. On dit de cette danse qu’elle serait minimaliste, mais elle ne l’est qu’en écho à l’énergie intarissable qui émane des communautés d’oiseaux ou de poissons, où chaque individu se préserve en donnant le maximum pour le collectif. Logiquement, l’unisson est ici cette même source d’énergie vitale. Et ce n’est pas par leur nombre que les danseurs donnent l’impression d’être une foule en osmose, mais en affirmant leurs individualités, pour mieux les mettre au service d’une œuvre collective. Pour éviter l’éclatement, il devrait donc exister un mystérieux algorithme, dont les oiseaux sauraient encore se servir et que l’humanité serait en train de perdre. Ion est à voir comme une tentative de récupérer cette clé cachée.

Thomas Hahn

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3 réflexions sur “Ion de Christos Papadopoulos au Théâtre des Abbesses

  1. manika27 9 novembre 2018 à 14 h 16 min Reply

    Surprenant sans aucun doute

    Aimé par 1 personne

  2. […] 7 # Jour 311 : Soirée danse au théâtre des Abbesses avec un jeune chorégraphe grec à […]

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