La fin des temps de Philippe Decouflé au théâtre du Châtelet

Philippe Decouflé adapte pour la scène le roman La fin des temps du grand écrivain japonais Haruki Murakami. Il est aidé pour l’adpatation par Ako Takahashi et Tatsuya Fujiwara. Le spectacle mi théâtre, comédie musicale et danse est en japonais. Le sur-titrage est bien fait mais on loupe quand même quelques images du spectacle, le temps de lire… Mais ce n’est pas du tout dérangeant d’entendre du japonais.

Je n’ai pas lu le livre de Murakami mais pour en avoir lu plusieurs autres, on retrouve dans le spectacle son univers à la fois futuriste et onirique. Et c’est comme une évidence que Philippe Decouflé ne peut que sublimer tout cela.

Difficile de vous résumer l’histoire, d’ailleurs jouer en 2h30, un livre de plus de 600 pages, il y a quelques moments obscurs. Mais ce n’est pas gênant.

Juste pour vous donner les idées principales : un informaticien est embauché par un vieux savant qui vit sous terre proche des ténèbres. Et puis il y a une autre ville entourée de remparts peuplée de licornes (superbes), on est privé de son ombre et de ses souvenirs mais on peut lire dans les rêves… Le tout étant étroitement lié, la recherche de son identité.

Les danses, les lumières, les décors et les costumes sont magnifiques. Les ombres, les ténèbres, les licornes, c’est tellement bien vu, poétique et fabuleux. Il y a aussi des effets visuels impressionnant. La troupe japonaise est d’un super niveau. C’est très bien dansé. La musique de Umitaro Abe est aussi extrêmement riche avec un piano en live.

Le propos du livre est peut être un peu difficile à suivre mais l’ensemble du spectacle m’a beaucoup plu. Les images sont belles, les danses poétiques. C’est un peu comme un long rêve, on ne comprend pas tout mais peu importe, on a l’impression d’avoir fait un beau voyage, d’avoir vécu un moment privilégié.

J’ai vu de très nombreux spectacles de Philippe Decouflé, je suis ravie de le retrouver à ce très haut niveau.

Connaissez vous le travail de Philippe Decouflé ? Avez vous lu Haruki Murakami ?

Une photo du site du Châtelet des licornes que je trouve magnifiques

Sur le site du Châtelet :

À la venue de l’automne, leurs corps se couvraient de longs poils dorés. Une teinte dorée dans le sens le plus pur, à laquelle ne pouvait se mêler aucune autre nuance. L’essence même de la couleur dorée, manifestée en ce monde. Ils arboraient la teinte dorée la plus pure qui soit entre ciel et terre.

Haruki Murakami, La Fin des temps; traduit du japonais par Corinne Atlan, Paris, Seuil, «Points», 2013, p.22.

Révélé au grand public en 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, Philippe Decouflé avait contribué, aux côtés de Jean-Paul Goude, à la création du défilé parisien «Bleu Blanc Goude», le long de l’avenue des Champs-Élysées. Trois ans plus tard, il devint maître d’œuvre des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’hiver 1992, à Albertville. C’est au lendemain de cet événement qu’il rencontre la productrice japonaise Miyako Kanamori: elle lui confie alors l’adaptation du conte japonais Dora sous la forme d’une comédie musicale, créée en 1996 à Tokyo. Vingt ans plus tard, Philippe Decouflé crée, à Kanagawa, My Name is Shingo, une autre comédie musicale, tirée du manga de science-fiction de Kazuo Umezu.
Et, en 2026, Miyako Kanamori propose à Philippe Decouflé de réaliser la toute première adaptation, à la scène, de l’un des romans d’Haruki Murakami, l’un des écrivains japonais contemporains les plus lus au monde: La Fin des temps.

Sous le regard bienveillant de l’auteur, le chorégraphe français s’est lancé dans une œuvre d’art total mêlant théâtre, musique et danse, empruntant aux codes de la comédie musicale (Les Parapluies de Cherbourg, West Side Story…), ainsi qu’à la tradition du Kabuki (une forme épique de théâtre japonais). Philippe Decouflé a dirigé une troupe de neuf acteurs et de dix danseurs autour d’un spectacle hybride, d’une durée de deux heures quarante-cinq, où se condense une œuvre de plus de sept cents pages. À la fois metteur en scène et chorégraphe, il aura à la fois tracé et recherché l’épure nécessaire à l’adaptation du roman d’Haruki Murakami à la scène. Et c’est ainsi qu’une forme de dialogue original est née, où le personnage principal est divisé en trois entités: «je», «moi» et «mon ombre».

Notamment incarnée par la vedette japonaise Tatsuya Fujiwara, La Fin des temps est une histoire qui se développe dans deux mondes parallèles. En 1985, à Tokyo, un homme a perdu son grand amour. Situés entre la vie du héros et ses propres rêves, le roman et le spectacle questionnent tout autant notre humanité que la fragilité d’un être errant dans un monde dystopique et onirique.

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