Grand-peur et misère du IIIe Reich à l’Odéon

La pièce de Bertolt Brecht est mise en scène par Julie Duclos. Elle a conservé une partie des scènes de la pièce originale. On est entre les années 33 et 38 en Allemagne, chaque tableau a un titre, une ville, une date. C’est le quotidien de gens ordinaire. On voit les interdictions, les arrestations, la censure s’aggraver.

C’est marqué dans le temps, on connait la suite dans l’Histoire mais c’est affreusement troublant tant on y voit aussi notre époque. Ces gens dans ces situations inextricables, ce pourrait être nous…

La scène où il est dit « J’ai voté Hitler » fait froid dans le dos, encore plus…

J’ai trouvé le décor dans sa fausse simplicité vraiment bien vu pour les différents tableaux, il incarne les différents lieux.

Philippe Duclos (le père de la metteuse en scène) incarne un juge, petit clin d’oeil, il était le juge Roban dans la série Engrenages il y a quelques années.

Une grande pièce magnifiquement interprétée à voir jusqu’en février à l’Odéon.

Sue le site de l’Odéon :

Si Bertolt Brecht est connu comme le dramaturge et le théoricien du théâtre épique, il n’en reste pas moins un grand raconteur d’histoires, un fabuleux inventeur de situations. Grand-peur et misère du IIIe Reich a été écrite entre 1935 et 1938 : en observateur acéré de son temps, il décortique la mécanique fasciste et nous montre ce qui mène à l’horreur des camps. Paysans, soldats, chercheurs, magistrats, médecins… toutes les couches de la société sont scrutées à la loupe dans leurs petites compromissions, leurs stratégies de survie, leurs lâchetés ou leurs actes de résistance, dans une suite de tableaux indépendants les uns des autres, comme autant d’instantanés de l’Allemagne des années 1930. Pour Julie Duclos, s’emparer de cette pièce poétique, vivante et d’une grande actualité, est une façon de rendre sensible la manière dont “le fascisme s’infiltre peu à peu dans la vie quotidienne, ordinaire”. Comment, au détour d’une parole, d’un regard, d’un silence, le mensonge et la peur s’insinuent dans la chair des gens et modifient leurs relations, y compris, et surtout, là où l’on s’y attendrait le moins. Non pas sur le champ de bataille ou en réunion politique, mais dans l’intimité d’une cuisine, d’une chambre ou d’un bureau. À travers une mise en scène axée sur le jeu d’acteur, et une scénographie vaste et épurée, Julie Duclos révèle, comme dans un film qui se déroulerait sous nos yeux, ce qui sourd dans la coulisse de nos existences – une Histoire inexorablement en marche, “à nos portes”.

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3 réflexions sur “Grand-peur et misère du IIIe Reich à l’Odéon

  1. […] 16 # Jour 16 : Après une longue réunion soirée théâtre à l’Odéon pour cette pièce de Brecht si […]

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  2. Avatar de manika27
    manika27 25 janvier 2025 à 19 h 06 min Reply

    Etonnant comme de « vieux » textes restent modernes.

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