Fauves de Wajdi Mouawad à La Colline

Théâtre hier soir pour cette pièce Fauves qui dure 3h30 et on ne voit pas le temps passer, pas un moment d’ennui ou de décrochage !

La mise en scène est impressionnante et porte un texte fort. Les acteurs/actrices sont puissants.

C’est une histoire de famille, un fils cinquantenaire, perd sa mère qui a été renversé par un camion. Il est cinéaste, il a toujours fait passer son métier en premier. Il a négligé ses enfants, il n’a plus de nouvelles de sa fille… Il pense à elle.

Rendez vous chez le notaire pour le décès et … Je ne vous raconte pas mais tout arrive. Le poids des secrets de famille. La vie de sa mère, sa jeunesse, il découvre qu’en fait rien n’est du au hasard, le poids de l’hérédité est lourd à porter.

L’auteur n’épargne pas les femmes, il n’épargne personne en fait, mais il nous laisse quand même de l’espoir malgré ce cumul de catastrophes familiales.

Il y avait le ministre de la Culture dans la salle 😉

Le pitch du théâtre

D’où vient qu’aimer et être aimé soient parfois les prémices des violences les plus brutales et des folies les plus meurtrières, lorsque le territoire de cet amour n’est autre que ce sac de névroses que l’on appelle famille ? D’où vient parfois que la meilleure des éducations, l’aisance matérielle, n’empêchent en rien les haines les plus âcres, menant irréversiblement aux déchirures et aux crimes ? À l’aune des silences et des hontes qui se transmettent au fil des ans, surgissent parfois des hasards qui nous jettent dans l’effroyable, dans l’inouï. Un jour le vent se lève, avec lui tout ce qui depuis toujours se tait, se trame, se tisse et s’entasse.

Fauves raconte peut-être ce soulèvement. C’est une histoire qui tente d’obliger, par la terreur, les personnages à s’extraire de leur domesticité, sans plus d’autre choix que de laisser paraître leur sauvagerie ancienne, archaïque, qui nous habite tous. Quand l’amour n’est pas ce que l’on croyait être, quand plus rien n’est à perdre, qu’il ne nous reste plus entre les mains qu’un couteau et l’être que l’on accuse de notre effondrement, à notre merci, démuni, réclamant une pitié que l’on refuse de lui accorder.

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5 réflexions sur “Fauves de Wajdi Mouawad à La Colline

  1. […] 14 # Jour 165 : Soirée au théâtre de la Colline, superbe […]

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  2. Coco 16 juin 2019 à 12 h 59 min Reply

    Sujet fort . Interessant ,ça passe vite au théâtre quand c est bien ( cf pendant que Simone veille )

    Aimé par 1 personne

  3. manika27 16 juin 2019 à 17 h 50 min Reply

    Interessant et sans aucun doute bien mené vu que tu ne t’es pas ennuyé une seconde en plus de 3 h belle performance !

    Aimé par 1 personne

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