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Chien blanc de Anaïs Barbeau-Lavalette

Ce film est adapté du roman de Romain Gary, je ne l’ai pas lu, je découvre donc. Je ne me souvenais pas non plus qu’il avait été marié à Jean Seberg (mais ça n’a pas d’importance).

Nous sommes fin des années 60, les noirs au Etats-Unis se révoltent après la mort de Martin Luther King. Romain Gary et son fils Diego accueille un chien bien gentil. Gentil jusqu’à la visite d’un de leur ami, un jeune homme noir. Le chien se jette sur lui.

Romain l’emmène dans un chenil pour essayer de comprendre et le propriétaire lui apprend que des chiens ont été dressé pour rattraper les noirs, du temps des esclaves, puis ils ont continué pour les émeutes…

Romain Gary ne veut pas tuer le chien, il pense que ce sont les dresseurs qui devraient être condamnés.

Est il possible de dé-dresser le chien ? La volonté de Romain Gary pour sauver le chien ne facilite pas sa relation avec sa femme qui milite contre le racisme pour les droits civiques.

Je ne connaissais pas ces chiens blancs, c’est vraiment désespérant ce que les hommes peuvent faire. Le film aborde plein de sujets, l’actualité de cette période est très riche et du coup c’est un peu trop survolé. J’aime bien Denis Ménochet mais j’imagine Romain Gary plus svelte. Je n’ai pas reconnu la Jean Seberg que j’ai pu voir au cinéma il y a longtemps 😉

Vous pouvez attendre que le film passe à la télé pour le voir.

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As bestas de Rodrigo Sorogoyen

Je n’avais pas complétement intégré son nom alors que j’ai vu deux de ces derniers films : Madre et El reino mais cette fois je n’oublierai pas Rodrogo Sorogoyen.

Ce film est très fort avec des acteurs formidables.

Denis Menochet est partout en ce moment et quelle révélation, il est incroyable. Marina Foïs tient également magnifiquement sa place. Les espagnols avec en tête Luis Zahera sont parfaits.

L’histoire : Un couple de français s’installe dans un village perdu de Galice pour réhabiliter des vieilles maisons abandonnées et en parallèle ils ont un potager et vendent des légumes au marché.

Mais les voisins n’aiment pas cela, des étrangers ne vont pas faire la loi chez eux.

Un projet d’éolienne va exacerber leur relations.

Le film est vraiment bien fait, les tensions montent en puissance dans ces magnifiques paysages.

Le film malheureusement pourrait se passer n’importe où, trop de personne n’aiment pas les « étrangers », ils font peur puisque différents. Il faut voir le film en VO car les 2 langues entre dans le conflit. Les émotions sont très fortes.

Je vous conseille vivement ce film, il est classé dans thriller et ça lui va bien.

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Grâce à Dieu de François Ozon

Je voulais voir ce film, je connaissais le sujet et je ne suis pas surprise par ce qu’il montre… Enfin si un peu quand même.

J’ai fait 12 ans d’école catho avec des soeurs surtout en primaire et des profs laïques. J’ai été pensionnaire et on avait prières en fin de journée et messes dès qu’une occasion se présentait.

Il ne m’est rien arrivé !

Je garde de bons souvenirs de ma scolarité protégée. Je garde aussi les valeurs profondes de cette religion que j’ai arrêté de pratiquer ensuite. Jeune femme je me suis dit que j’avais assisté à mon quota de messes et trucs du genre pour toute ma vie !

Par contre même si cela ne correspond pas à l’image d’une syndicaliste féministe engagée, je reste croyante. Je crois en un Dieu unique, le même pour toutes et tous quel que soit le nom qu’on lui donne et je suis farouchement opposée à tous les extrémismes (religieux ou autres). Mon Dieu me rassure.

Je crois en la bonté des humains, la foi dans son prochain, je suis une personne gentille (trop ?) et ça me va bien. J’aime aider, partager, donner et finalement au quotidien ce n’est pas si simple. Je pardonne, je ne suis pas rancunière, j’aimerai pouvoir davantage dire ce que je pense mais je reste réservée malgré mes efforts pour évoluer, depuis peu j’essaie de me protéger.

Les restes de mon éducation catho sont bien présents dans la femme que je suis aujourd’hui.

Alors quand je vois un film comme Grâce à Dieu, forcément mille questions me brouillent l’esprit. Rassurez vous je ne vais pas tenter d’y répondre ici 😉

Le film est très bien fait, les acteurs parfaits avec un Melvil Poupaud incroyable (vous savez mon faible pour lui) mais aussi Denis Ménochet et Swann Arlaud.

De jeunes garçons scouts ont subi des attouchements de la part du prêtre qui gérait le camp.  Ils se retrouvent 20 ou 30 ans plus tard, et parlent enfin. Ils ont plus ou moins réussis leur vie mais la blessure est là encore, tellement présente pour certains. Alexandre est resté Catho, il en veut au prêtre pas à l’Eglise mais devant son inaction il s’interroge de plus en plus. Et c’est lui, après avoir réalisé que même le Pape ne ferait rien, qui porte sa plainte en justice. François et Gilles portent plainte également et devant l’afflux de témoignages, créent l’association « La parole libérée » car c’est surtout de cela qu’il s’agit pour eux : témoigner, dire enfin l’innommable, et faire en sorte que cela ne se produise plus en empêchant définitivement ce prêtre d’être en contact avec les enfants.

Il y a des scènes très forte dans le film, quand le Père reconnaît les faits, dit qu’il est comme ça, qu’il n’y peut rien et qu’il ne demande même pas pardon. La souffrance dans le regard d’Alexandre quand il revoit le Père. Les crises physiques d’Emmanuel quand on lui parle du Père. La colère de François quand son frère n’en peut plus de son côté « victime »… Tout est fort en fait.

Hier le Cardinal Barbarin a été condamné par la justice pour non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs, l’association de victimes La Parole libérée considère cette condamnation comme « une grande victoire pour la protection de l’enfance ». On attend maintenant le procès du Père Preynat.

Je vous laisse aller voir le film si ce n’est déjà fait et me dire ce que vous en pensez… Merci.

Jusqu’à la garde de Xavier Legrand

Un film sur la violence au sein d’un couple, un sujet pas si souvent traité au cinéma.

Il faut dire que ce n’est pas facile, on sent, on devine dans le regard de Miriam (Lea Drucker excellente) la peur devant son ex-mari. Mais comme la juge qui accepte que leur jeune fils aille un week end sur deux chez son père, on doute, on espère qu’elle exagère. On essaie de voir Antoine (Denis Ménochet, très fort aussi) comme un père aimant…

Mais la tension est tellement présente, finalement on attend le drame comme dans un thriller…

Thomas Gioria, le jeune fils est époustouflant, quel rôle difficile.

C’est un film, mais quand on sait qu’une femme meurt tous les 3 jours et que dans la majorité des cas c’est sous les coups de son compagnon, pourquoi ne tient on pas davantage compte de leur parole ? Pourquoi la juge n’écoute t’elle pas ce jeune garçon déjà si mur et que ne veut pas aller chez son père, qui a peur pour sa mère, qui la défend…

Je vous en ai déjà trop dit. Xavier Legrand a déjà fait un court métrage sur le même sujet Avant que de tout perdre qui était très puissant…

Tous les hashtag contre les violences faites aux femmes doivent permettre de libérer la parole des femmes et d’aller en justice… pour que le monde change. L’égalité c’est aussi le respect.

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