Archives de Tag: catholique

Les dimanches de Alauda Ruíz de Azúa

Le film parfait pour un dimanche matin 😉

Ainara, jeune fille de 17 ans étudie dans un lycée catholique. Elle a perdu sa mère et a du mal à communiquer avec son père qui a des problèmes d’argent. Elle est très proche de sa tante Maite. Elle a des ami.e.s, sort, vie normalement et il y a un jeune garçon qui lui plait.

Mais elle annonce à sa famille qu’elle souhaite faire une période d’intégration dans un couvent pour rentrer dans les ordres.

Son père, en apprenant que ça ne coûte rien, ne s’y oppose pas. Pour Maite, c’est insupportable, sa nièce va gâcher sa vie, elle doit faire des études, découvrir le monde et la vie, ensuite elle pourra choisir…

La jeune fille est déterminée… et cela bouleverse toute la famille.

Je ne vous en dis pas plus, même si c’est déjà peut être trop, pour vous laisser découvrir.

Quand mes garçons étaient petits, on espérait qu’ils ne choisissent pas d’entrer dans la police, on n’a jamais pensé à la religion mais cela doit être compliqué pour des parents de voir aujourd’hui leur enfant choisir de vivre cloitré.

Le film ne juge pas, ni la jeune fille, ni la mère supérieure du couvent, ni la famille. Le film est tout en retenue, à nous de comprendre ses motivations. Que représente la foi aujourd’hui ? Peut on croire à l’appel de Dieu ? Qu’est ce que la vocation ? Quelle est la part des influences ?

Alauda Ruíz de Azúa a également réalisé Querer la série sur les violences conjugales que je vous conseille également

Avez vous vu ce film ? Alauda Ruíz de Azúa est une réalisatrice espagnole à suivre…

Lire la suite

Grâce à Dieu de François Ozon

Je voulais voir ce film, je connaissais le sujet et je ne suis pas surprise par ce qu’il montre… Enfin si un peu quand même.

J’ai fait 12 ans d’école catho avec des soeurs surtout en primaire et des profs laïques. J’ai été pensionnaire et on avait prières en fin de journée et messes dès qu’une occasion se présentait.

Il ne m’est rien arrivé !

Je garde de bons souvenirs de ma scolarité protégée. Je garde aussi les valeurs profondes de cette religion que j’ai arrêté de pratiquer ensuite. Jeune femme je me suis dit que j’avais assisté à mon quota de messes et trucs du genre pour toute ma vie !

Par contre même si cela ne correspond pas à l’image d’une syndicaliste féministe engagée, je reste croyante. Je crois en un Dieu unique, le même pour toutes et tous quel que soit le nom qu’on lui donne et je suis farouchement opposée à tous les extrémismes (religieux ou autres). Mon Dieu me rassure.

Je crois en la bonté des humains, la foi dans son prochain, je suis une personne gentille (trop ?) et ça me va bien. J’aime aider, partager, donner et finalement au quotidien ce n’est pas si simple. Je pardonne, je ne suis pas rancunière, j’aimerai pouvoir davantage dire ce que je pense mais je reste réservée malgré mes efforts pour évoluer, depuis peu j’essaie de me protéger.

Les restes de mon éducation catho sont bien présents dans la femme que je suis aujourd’hui.

Alors quand je vois un film comme Grâce à Dieu, forcément mille questions me brouillent l’esprit. Rassurez vous je ne vais pas tenter d’y répondre ici 😉

Le film est très bien fait, les acteurs parfaits avec un Melvil Poupaud incroyable (vous savez mon faible pour lui) mais aussi Denis Ménochet et Swann Arlaud.

De jeunes garçons scouts ont subi des attouchements de la part du prêtre qui gérait le camp.  Ils se retrouvent 20 ou 30 ans plus tard, et parlent enfin. Ils ont plus ou moins réussis leur vie mais la blessure est là encore, tellement présente pour certains. Alexandre est resté Catho, il en veut au prêtre pas à l’Eglise mais devant son inaction il s’interroge de plus en plus. Et c’est lui, après avoir réalisé que même le Pape ne ferait rien, qui porte sa plainte en justice. François et Gilles portent plainte également et devant l’afflux de témoignages, créent l’association « La parole libérée » car c’est surtout de cela qu’il s’agit pour eux : témoigner, dire enfin l’innommable, et faire en sorte que cela ne se produise plus en empêchant définitivement ce prêtre d’être en contact avec les enfants.

Il y a des scènes très forte dans le film, quand le Père reconnaît les faits, dit qu’il est comme ça, qu’il n’y peut rien et qu’il ne demande même pas pardon. La souffrance dans le regard d’Alexandre quand il revoit le Père. Les crises physiques d’Emmanuel quand on lui parle du Père. La colère de François quand son frère n’en peut plus de son côté « victime »… Tout est fort en fait.

Hier le Cardinal Barbarin a été condamné par la justice pour non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs, l’association de victimes La Parole libérée considère cette condamnation comme « une grande victoire pour la protection de l’enfance ». On attend maintenant le procès du Père Preynat.

Je vous laisse aller voir le film si ce n’est déjà fait et me dire ce que vous en pensez… Merci.