Archives de Catégorie: Cinéma

En première ligne de Petra Biondina Volpe

Ce film nous plonge dans un hopital suisse, on imagine que ce n’est pas le pire, qu’il y a plus de moyen qu’en France et pourtant…

On suit une garde d’après midi et début de soirée d’une infirmière Floria. Il y a un manque d’effectif, elles ne sont que 2 pour tout l’étage. Elle commence direct par un rythme assez fou et en fait cela ne s’arrête pas. Le film va à 100 à l’heure, on est avec elle et on se demande à chaque instant quand elle va craquer ou quand tout va s’écrouler…

Ce film est limite un documentaire, un hommage aux personnels soignants qui ont de plus en plus à faire compte tenu du nombre insuffisant et qui ne sont pas reconnus pour tout ce qu’ils font.

Leonie Benesh interprète parfaitement cette infirmière qui même sous l’eau essaie de soulager les malades, d’être présente et attentive à chacun malheureusement elle ne peut être partout. On se souvient d’elle dans Salle des profs où elle était très bien en prof.

Le rythme du film est trépident, la tension monte à chaque scène, c’est plein d’émotions. On se demande comment elle pourra recommencer le lendemain. Merci à tous les personnels soignants.

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Un simple accident de Jafar Panahi

J’ai pu voir en avant-première au Cinémas du Palais, le film de Jafar Panahi qui a reçu la Plame d’or à Cannes cette année. Après le film on a pu discuter avec Asal Bagheri, enseignante-chercheuse à l’université Cergy Paris, sémiologue et spécialiste du cinéma iranien. C’était très intéressant.

Le film a été tournée en Iran sans autorisation officielle, elle nous a expliqué que beaucoup de scène sont tournée dans la voiture, ce qui permet d’âtre moins repérable (par exemple).

Le film commence par un simple accident, un homme en voiture avec sa famille écrase un chien. De cet accident, va découler tout le film. Quand il s’arrête pour réparer sa voiture, un autre homme Vahid, pense le reconnaitre à sa démarche, il le suit puis l’enlève. Il veut le tuer car il a été son tortionnaire quelques années auparavant. Il a un doute quand même et cherche d’anciens prisonniers pour confirmer qu’il s’agit bien de lui. Il rencontre des personnes très différentes qui essaient de se reconstruire et ne réagissent pas forcément pareil.

Jafar Panahi a eu l’idée de ce film lorsqu’il a été lui même emprisonné, un film pour ses codétenus. Il a travaillé avec des anciens prisonniers, des acteurs mais aussi des non professionnels qui ont acceptés de prendre le risque de travailler pour le film.

C’est filmé comme un thriller, dans le van ils s’interrogent sur leur besoin de vengeance sans vouloir devenir comme leur ancien agresseur. Vous imaginez qu’ils ne sont pas forcément d’accord. Et tout devient très puissant.

J’ai bien aimé même si ce n’est pas mon film iranien préféré. C’est important de soutenir la culture et le cinéma iranien. Ce pays malgré le régime politique produit un cinéma audacieux et reconnu qui reflète les tensions et les contradictions de la société contemporaine.

Vous me direz quand vous l’aurez vu 🙂

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Météors de Hubert Charuel et Claude Le Pape

J’ai pu voir Météors en avant-première lors de la soirée Coup de coeur Surprise organisée au Cinémas du Palais.

On découvre complétement le film du coup, c’est sympa.

Hubert Charuel est le réalisateur de Petit paysan que j’avais bien aimé.

Le film se passe dans l’est à St Dizier, ville de province comme abandonnée. 3 jeunes zones, enfin 2 surtout. Le troisième Tony a crée une boite de BTP qui travaille principalement sur les chantiers à risque des déchets nucléaires.

Mika bosse au Burger King et traine avec Daniel qui lui est en total rébellion et ne fait que zoner.

Mika et Daniel sont en sursis, Mika essaie de remonter la pente mais Daniel les enfonce.

Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire pour vous laisser le découvrir au cinéma. J’ai bien aimé, même si c’est un peu anxiogène, on a peur pour eux.

Les jeunes acteurs Paul Kircher, Idir Azougli et Salif Cissé sont très bien dans leurs rôles. C’est un univers très masculin, les seules femmes sont l’assistante sociale, la juge ou l’avocate.

L’est de la France est depuis quelques années le décor de nombreux films sociaux, la région semble vraiment mal en point. C’est un film sur l’amitié, un fort lien entre les personnages et la dureté de ce qui les entoure : l’alcool, les déchets nucléaires…
La structure des images du film est très réussie, la bande son également (il y a du Pamela vu à Rock en Seine).

Le film sort le 8 octobre, vous me direz… 😉

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Valeur sentimentale de Joachim Trier

Un film norvégien sur les difficiles relations familiales.
Nora et Agnes perdent leur mère. C’est ce moment que choisi leur père pour revenir près d’elle (alors qu’il était parti quand elles étaient enfants). Il est réalisateur de film et Nora comédienne. Il lui propose un film qu’elle refuse. Elle joue beaucoup au théâtre mais elle est très seule. Agnes est en couple et à un garçon.

Le maison de leur enfance appartient à leur père même si leur mère l’habitait. Se séparer de la maison leur rappelle de nombreux souvenirs. Les deux soeurs sont très liées et affrontent ensemble le poids de l’absence de leur père, les traumatismes d’enfances ne s’effacent pas. La maison a un vrai rôle dans le film.

Les comédiennes et comédiens sont excellents. Renate Reinsve que j’avais vu dans Julie en 12 chapitres est vraiment touchante. Son mal être est palpable. Sa petite soeur tient parfaitement sa place également, Inga Ibsdotter Lilleaas, face à ce père qu’elle n’arrive pas à cerner. Et le père Stellan Skarsgard, que j’ai déjà vu mais je ne sais plus où, est lui aussi impressionnant.

Un film qui dit aussi que l’art peut conduire vers le pardon…

Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir. Le film a eu un le Grand Prix à Cannes. L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke

Alors je suis allée voir ce film un peu par hasard sans savoir de qui il s’agissait.

Et j’ai été plongée directement dans un monde fantasque esthétique. C’est un film thaïlandais qui nous offre la réincarnation d’une jeune femme en aspirateur. Sous ce côté burlesque mais aussi poétique, le réalisateur critique la politique de son pays.

On est donc en présence de fantômes qui hantent des lieux et se réincarnent. Nat revient près de son mari en aspirateur, il l’accepte et la cajole. Sa famille, riche propriétaire d’une usine est moins d’accord, surtout depuis qu’un revenant en colère habite l’usine. Les politiques sont également attaqués par les victimes des répressions.

Les fantômes ne surprennent personne, ils font parti du quotidien. Ils « vivent » parce qu’ils se souviennent de leur vie mais aussi parce que les vivants se souviennent d’eux… Comment les effacer ?

Le film est vraiment loufoque mais aussi attachant et complétement actuel, il touche des sujets comme la défense de l’environnement (les poussières), les dangers du progrès, les politiques répressives, la justice sociale, le couple, l’homosexualité ou la médecine…

C’est totalement décalé, j’imagine que ça peut ne pas plaire du tout mais sinon si on se laisse porter c’est vraiment incroyable. Les actrices et acteurs sont chouettes

Est ce que vous y êtes allé.e ? Qu’en pensez vous ?

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Pooja, Sir de Deepak Rauniyar

Je crois que c’est le premier film népalais que je vois. C’est un polar presque classique mais au Népal, pays qui semble en forte tension, la région frontalière du sud est en opposition d’une loi qui doit être votée à Katmandou.

Dans ce contexte agité de manifestations populaires, 2 enfants sont enlevés, l’un d’eux est fils du député. La police locale fait appel à une inspectrice du nord pour mener l’enquête. Une femme flic forte qui se comporte en partie comme un homme. Elle cache ses propres secrets en travaillant dur.

Elle fait appel à une femme policière locale pour l’aider, même si ce ne doit pas être simple d’être femme et policière au Népal, les femmes n’ont pas l’air de se laisser faire !

Je me suis plutôt demandée si un des enfants enlevés n’avait pas été fils du député, les recherches auraient elles eu lieu si activement ? Je vous laisse découvrir l’intrigue.

Asha Maya Magrati, l’actrice principale réalise une belle performance.

Un film venu d’ailleurs, c’est toujours intéressant 🙂

L’avez vous vu ? Connaissez vous d’autres films népalais ?

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Avignon de Johann Dionnet

Un petit film d’été qui tombe bien puisqu’on est en été 🙂

J’y suis allée curieuse de revoir l’ambiance du festival d’Avignon et mettre un peu plus d’images sur les souvenirs de mon fils il y a 2 ans déjà… Ce n’est pas souvent que l’on voit les coulisses du off d’Avignon au cinéma.

C’est une comédie romantique qui parle théâtre.

Galère pour les petites compagnies pour réussir à exister, opposition entre le théâtre public et le privé, entre les comédies et les textes d’auteur… Il y a aussi un peu du film Le goût des autres de Bacri et Jaoui (film que j’adore).

Les acteurs et actrices sont sympas, enfin presque tous 😉 Le rythme du film est enlevé, c’est drôle et parfois touchant. De ce que je connais du théâtre, je crois que ça tape assez juste même si bien sûr c’est un peu caricatural.

J’aime l’esprit de troupe de théâtre car même si cela ne doit pas être simple tous les jours, on les voit très solidaire au final.

Un film sympathique si jamais il pleut un peu trop chez vous en ce moment… 😉

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Au rythme de Vera de Ido Fluk

Coup de coeur pour ce film, portrait d’une jeune femme assez incroyable.

Vera Brandes a 17 ans, elle est passionnée de Jazz et en Allemagne dans ces années là, de nombreux jazzmen se produisent. Il y a un festival de jazz à Berlin très renommé. Elle y découvre Keith Jarret et elle veut absolument qu’il vienne jouer à Cologne. Elle va tout organiser…

Vera Brandes existe vraiment, c’est son histoire. Elle est connue pour ce concert mythique. Elle est productrice de musique mais aussi musicothérapeute, elle a travaillé sur le recherche musique-médecine.

Mala Emde est parfaite dans le rôle, pleine d’une énergie incroyable pour emmener tout le monde dans ses rêves, convaincre Keith Jarret de jouer même si le piano n’est pas au top ou contrer son père, disons un vieux réac !

J’ai beaucoup aimé ces années 70 où tout semble possible, la façon dont le film est monté, les retours en arrière, les commentaires actuels. Je n’aime pas spécialement le jazz mais la bande son est top aussi.

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Loveable de Lilja Ingolfsdottir

Un film islando-norvégien, un beau portrait de femme, une belle histoire d’amour avec un début et une fin…

Maria qui a déjà 2 enfants et on imagine une rupture, rencontre Sigmund lors d’une fête, il lui plait, elle cherche à le séduire. Leur relation est passionnelle, fusionnelle. Ils ont 2 enfants…

On retrouve Maria quelques années plus tard, elle gère tout à la maison avec les 4 enfants. Sigmund, musicien, est de plus en plus absent.

Ils savent tous les 2 que ça ne va pas, Maria veut tout faire pour sauver leur couple, elle s’éloigne pour qu’ils puissent réfléchir …

Elle réfléchit à son comportement, à celui de Sigmund, à leur responsabilité à chacun. C’est intéressant car bien sûr, ce n’est ni blanc, ni noir mais tout en nuances.

La comédienne Helga Guren porte très bien le rôle de cette femme épuisée mal dans sa peau, et qui trouve la force au milieu de ses larmes, de faire sa propre introspection.

C’est un peu Anatomie d’une rupture, une analyse psychologique profonde de la fin d’un couple.

C’est le premier film de cette réalisatrice, c’est fort. L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous si oui ?

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L’accident de piano de Quentin Dupieux

Soit on aime le cinéma de Quentin Dupieux, soit non… 😉
Pas besoin de se forcer, allez y si vous aimez 😉

Encore un casting de folie pour une histoire déjantée, totalement décalée mais qui fait bien réfléchir. Une sacrée satire sociale qui vire au thriller.

Une influenceuse, Magalie, star de Tiktok par hasard, poste des vidéos d’elle se mutilant car elle est insensible à la douleur. Suite à un accident, elle n’est pas invincible quand même, elle part s’isoler à la montagne dans un immense chalet avec son assistant.

Mais une journaliste veut l’interviewer, et un fan l’a reconnue au supermarché et il la harcèle pour un selfie !

Tout cela me dépasse un peu mais joué par Adèle Exarchopoulos, Jérôme Commandeur, Sandrine Kiberlain et Karim Leklou, cela change la dimension…

Magalie, comment dire, le succès lui est monté à la tête, elle est hors sol, très seule avec son assistant complétement à sa merci. Adèle a porté pendant plusieurs semaines l’appareil dentaire qui la caractérise, waou !

Le film avance et entre en tension, il aborde de nombreux sujets qui donnent matière à réflexion comme la surexposition, le manque de culture, l’égocentrisme, le masochisme, le ridicule, le harcèlement, l’idiotie ou la folie… Tout cela dans un grand bouillon qui fourmille 😉

Je vous laisse découvrir sans vous en dire plus. Tous les films de Quentin Dupieux sont un peu des ovni dans le cinéma. Pour ma part, je classe celui ci dans les bons.

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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