Daho dans Le Monde !

Etienne Daho se ressource à Rennes, avant l’Olympia

A quelques pas de la place Sainte-Anne, derrière une façade délavée s’affichant toujours "maison du peuple", un peu plus d’un millier de personnes peuvent investir cet espace aux murs gris désuets mais à l’histoire trépidante. Les Rennais le savent, c’est ici que se donnent encore les meilleurs concerts. Question d’ambiance, d’acoustique, de vibrations.

Des vibrations, la salle n’en manque pas, ce 20 mai. Pour sa nouvelle tournée, qui le verra occuper l’Olympia, à Paris, du 3 au 8 juin, Etienne Daho a choisi de jouer dans des lieux plus modestes et chaleureux que les habituels Zénith. A la Cité, cette convivialité assumée se double du trouble de l’affectif. La veille, il a déjà donné ici un premier concert, "porté par une énergie électrique". Ce soir, quand lui et ses musiciens apparaissent sous des lumières rouges, on sent plus de tension et de retenue, comme si le chanteur était perturbé par cette proximité. "J’avais le trac, reconnaissait-il plus tard. J’avais de la famille dans la salle, je sentais les gens plus attentifs, j’avais peur de ne pas donner assez."

En quatre-cinq morceaux, l’élégance charnelle des ambiances de son dernier album, L’Invitation (Victoire de la musique 2008 du meilleur album pop-rock), reprend le dessus. De noir vêtus, deux guitaristes, un bassiste, un batteur dosent joliment tranchant et dépouillement délicat. Difficile à sonoriser, le timbre de l’éternel jeune homme trouve de chaleureuses nuances sur de nouvelles chansons (Cet air étrange, Les Fleurs de l’interdit) gourmandes de sensualité.

Grande réussite de cette formule scénique, l’apport d’un trio féminin de cordes, les Without Gentlemen. Karen Brunon au violon, Delphine Capuçon au violoncelle, Lise Orivel à l’alto s’adaptent avec autant de prestance à l’intensité mélancolique (magnifique L’adorer) qu’au groove enjoué d’Epaule Tatoo ou d’Obsession. Parfois, les trois jolies filles nous gratifient de petites chorégraphies, clins d’oeil aux groupes féminins de la Motown.

Entre les titres, les Rennais scandent "Etienne ! Etienne !" à l’enfant de la ville qui, à l’aube des années 1980, avait gagné le titre de "capitale du rock français". Cheveux courts, vestes sombres, des groupes comme Marquis de Sade ou Les Nus s’affirmaient alors "jeunes gens modernes", fils du punk, du Velvet Underground, de l’expressionnisme allemand. "Je crois qu’on a inventé un truc sans le savoir, confiait Daho après le concert, réunis par nos goûts communs, l’envie de rigoler, de ne pas rester coincer dans le "no future". Un festival comme les Transmusicales nous a donné l’occasion de nous exprimer."

S’il faisait partie de la bande, Etienne s’en distinguait aussi. "Mon amour pour Françoise Hardy, Dutronc, Gainsbourg, faisait un peu de moi un martien", rigole-t-il.

Les rappels ouvrent la voie à de vieilles chansons qui n’ont pas pris une ride : Promesses (reprise récemment par Daniel Darc dans une compilation hommage, Tombé pour Daho) et Le Grand Sommeil, tirées de La Notte, la notte, son deuxième album sorti en 1984. Légèreté du style, savoir-faire mélodique, justesse existentielle restent sa marque de fabrique.

Il dédie ces moments aux souvenirs de jeunesse, quand "on repoussait sans arrêt la dernière heure, la dernière fermeture. On avait le feu au slip !" De la scène, il salue des copains : l’ancien Marquis de Sade Franck Darcel qui l’accompagnait à ses débuts, Béatrice Macé et Jean-Louis Brossard, les organisateurs des "Trans" avec Hervé Bordier, "rencontrés à la fac", le photographe Richard Dumas avec qui il avait enregistré sa première maquette. Ce dernier se souvient de ces débuts derrière un micro : "Il avait le culot des timides. Dès sa première maquette, dès son premier concert, son ton, son charme, son style, tout était là."


Concerts du 3 au 8 juin à Paris, à l’Olympia ; le 4 juillet à Blois ; le 11 à Lyon ; le 17 à Perpignan ; le 24 à Deauville.

3 réflexions sur “Daho dans Le Monde !

  1. Avatar de shaker
    shaker 3 juin 2008 à 20 h 56 min Reply

    J’ai vu Daho aux infos ce soir… et t’étais pas dans le reportage, j’suis déçu !

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  2. Avatar de Béné
    Béné 4 juin 2008 à 9 h 49 min Reply

    Bon.Je révise..non… j’apprends. Bus, métro je ne vais plus écouter que ton chouchou pour être au point vendredi soir!
    BiZous

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  3. Avatar de Sand
    Sand 4 juin 2008 à 21 h 31 min Reply

    Avant que je n’oublie, bon concert vendredi soir !!! Encore désolée… mais anniv’ Sarah minette & pyjamas party obligent 😉
    De gros bisous !!!!

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