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Rue Malaga de Maryam Touzani

Film vu en avant-première mais maintenant il est sorti et je vous le conseille 😉

Il y a tout un quartier espagnol à Tanger, c’est là qu’a grandit la réalisatrice qui a écrit ce film en pensant à sa mère et à sa grand-mère.

Maria Angeles vit à Tanger dans un appartement meublé de tout ses souvenirs. Sa fille qui vit à Madrid vient lui rendre visite et lui annonce qu’elle va vendre l’appartement et qu’elle doit venir avec elle à Madrid.

Maria Angeles ne peux envisager de quitter sa ville, sa rue, ses commerçants, le cimetière où sont enterrés son mari et ses amies. Elle attend le départ de sa fille pour retourner chez elle , racheter ses meubles et trouver des solutions pour gagner un peu d’argent.

Maria Angeles a une énergie folle malgré son âge, elle croque dans la vie, ne se décourage pas et raconte toutes ses aventures à une soeur du couvent (avec tellement d’humour).

Un très beau film sur la vieillesse, le droit de vivre quelque soit son âge. Il met en valeur aussi toute la sensualité de cette femme qui peut encore séduire et être séduite. Carmen Maura, grande actrice des films d’Almodovar est magnifique, sensible et drôle dans ce rôle qui semble fait pour elle.

Un hommage aussi à ce quartier espagnol de la ville de Tanger où tout le monde s’entraide quelque soit la nationalité ou la religion.

Nous avons pu, après la projection, échanger avec la réalisatrice Maryam Touzani, c’était très intéressant. Les Cinémas du palais partage ce moment en podcast.

Maryam Touzani a réalisé Le Bleu du Caftan, un très beau film également.

Connaissez vous son travail ? Avez vous vu le film ? Qu’en pensez vous ?

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Les dimanches de Alauda Ruíz de Azúa

Le film parfait pour un dimanche matin 😉

Ainara, jeune fille de 17 ans étudie dans un lycée catholique. Elle a perdu sa mère et a du mal à communiquer avec son père qui a des problèmes d’argent. Elle est très proche de sa tante Maite. Elle a des ami.e.s, sort, vie normalement et il y a un jeune garçon qui lui plait.

Mais elle annonce à sa famille qu’elle souhaite faire une période d’intégration dans un couvent pour rentrer dans les ordres.

Son père, en apprenant que ça ne coûte rien, ne s’y oppose pas. Pour Maite, c’est insupportable, sa nièce va gâcher sa vie, elle doit faire des études, découvrir le monde et la vie, ensuite elle pourra choisir…

La jeune fille est déterminée… et cela bouleverse toute la famille.

Je ne vous en dis pas plus, même si c’est déjà peut être trop, pour vous laisser découvrir.

Quand mes garçons étaient petits, on espérait qu’ils ne choisissent pas d’entrer dans la police, on n’a jamais pensé à la religion mais cela doit être compliqué pour des parents de voir aujourd’hui leur enfant choisir de vivre cloitré.

Le film ne juge pas, ni la jeune fille, ni la mère supérieure du couvent, ni la famille. Le film est tout en retenue, à nous de comprendre ses motivations. Que représente la foi aujourd’hui ? Peut on croire à l’appel de Dieu ? Qu’est ce que la vocation ? Quelle est la part des influences ?

Alauda Ruíz de Azúa a également réalisé Querer la série sur les violences conjugales que je vous conseille également

Avez vous vu ce film ? Alauda Ruíz de Azúa est une réalisatrice espagnole à suivre…

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Ca, c’est l’amour de Jean Robert-Charrier au Bouffes Parisiens

Josiane Balasko et sa fille Marilou Berry joue pour le première fois ensemble sur scène, les rôles d’une mère et de sa fille. J’espère que la ressemblance s’arrête là.

La pièce de Jean Robert-Charrier est mise en scène sobrement par Julie-Anne Roth.

La pièce parle des violences conjugales, sujet malheureusement beaucoup trop dans l’actualité. Mais il est toujours utile et nécessaire de les dénoncer.

Frédérique, une mère qui n’a pas la langue dans sa poche débarque le soir de Noël chez sa plus jeune fille car le réveillon avec son ainée est tombée à l’eau. Mais il n’y a pas de fête chez Mathilde, son mari et son fils sont déjà couchés car ils ont eu une grosse journée de travaux.

Les 2 femmes discutent mais Frédérique est inquiète, sa fille ne répond pas aux questions et semble tout le temps sur le qui vive. Frédérique reconnait les signaux car au fil de la conversation on comprend que son ex mari, le père de ses filles a été brutal avec elle. Comment sa fille peut elle lui dire que l’histoire recommence ?

Finalement, malheureusement, c’est un sujet simple et banal mais pas au théâtre (surtout pour un théâtre privé) et la force de la pièce en plus d’un texte très ciselé, c’est le face à face entre 2 grandes comédiennes, mère et fille sur scène et dans la vraie vie.

Elles dénoncent avec force et courage pour toutes les femmes les violences insupportables. Et toutes les femmes (mais les hommes aussi) de la salle sont saisies. Des larmes sont versées.

Une très belle interprétation, un sujet coup de poing, il faut le savoir avant d’y aller mais c’est tellement nécessaire d’en parler pour dénoncer et aider les femmes en difficulté avant qu’il ne soit trop tard.

Et je suis contente d’avoir vu sur scène Josiane Balasko 🙂

Avez vous entendu parler de cette pièce ? Elle se joue jusqu’à fin avril…

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A pied d’oeuvre de Valérie Donzelli

J’ai pu voir ce film dans le cadre du Festival Télérama au Cinéma du palais en avant-première. Il y avait ensuite un débat au cinéma la Balzac à paris, retransmis dans les salles du réseau Afcae. On pouvait poser des questions par sms à la réalisatrice Valérie Donzelli, au comédien Bastien Bouillon et à l’écrivain Franck Courtès (qui a écrit le livre à l’origine du film)

En voyant l’affiche, ayant entendu qu’il parlait d’un artiste, j’ai cru que c’était l’histoire d’un sculpteur et bien pas du tout 😉

Paul est un photographe reconnu qui décide de tout arrêter pour devenir écrivain. Il réussi à publier deux ou trois romans mais il n’y a pas assez de ventes, il ne gagne presque rien. Sa femme le quitte, il perd presque tout.

Il se retrouve dans un studio en entre sol, il regarde des pieds passer sur le trottoir en écrivant. Il est obligé de faire des petits boulots. Il s’inscrit sur une plateforme de bricolage, style Uber, super mal payé, en fait c’est celui qui propose le prix le plus bas qui est embauché et ils sont nombreux à avoir besoin d’argent. Il fait aussi le taxi Uber.

L’auteur et donc le film décrivent la précarité, Paul ne se plaint pas, tant qu’il peut écrire, manger un peu et dormir au chaud, tout va bien. Sa famille, ses proches ne comprennent pas.

A travers ses petits boulots, il nous montre une société libérale en bout de course. L’uberisation à tout va plonge des hommes et des femmes plein de bonne volonté dans une précarité encore plus grande. La rémunération est complétement instable et très faible et sans droits sociaux. C’est de l’exploitation pure, un esclavage moderne.

C’est moi qui m’enflamme, le film dénonce tout cela mais de façon disons subjective.

J’ai vraiment bien aimé, Bastien Bouillon est quasiment de tous les plans, gros plan même et il est excellent dans ce rôle (dans les autres aussi).

J’ai envie de lire le livre maintenant car il est plus dense encore.

Vous me direz quand vous l’aurez vu, le film sort le 4 février.

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Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch

Le nouveau film de Jim Jarmusch, j’y suis allée sans rien en lire avant… Je suis un peu partagée. J’ai aimé plein de choses mais sans être complétement convaincue par l’ensemble. Mon amie Monette a beaucoup aimé.

Alors je suis fille unique, je ne sais rien des relations frère et soeur, mon amie Monette en a elle plusieurs (des soeurs et un frère), la différence vient peut être de là.

Le film se partage en 3 chapitres, trois histoires de famille.

Un frère une soeur qui ne se voit pas souvent vont rendre visite à leur père, ils ne le voient pas souvent non plus. C’est aux Etats-Unis.

Ensuite 2 soeurs éloignées également vont rendre leur visite annuelle à une mère très chic, le thé a l’air divin. C’est à Dublin.

Puis un frère et une soeur jumeaux se retrouvent suite au décès de leurs parents dans un accident. Ils font un tour en voiture dans l’est parisien et vont dans l’appartement vide de leurs parents.

Les dialogues sont ciselés et font tout le film même si les images sont nickels aussi. Le casting est impressionnant.

Rien de commun entre les 3 familles, si ce n’est un drôle de rapport avec les parents, une certaine connivence entre les enfants adultes même s’ils ne se voient pas souvent. Le rapport à l’argent en famille semble compliqué.

Quelques pointes d’humour avec des skateurs ou sur l’eau, le thé, est ce que l’on trinque et qui est l’oncle Bob ?

Je ne me suis pas ennuyée mais je ne sais pas vous dire si j’ai vraiment aimé le tout…

L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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Ex Utero à la Scène libre

Invitation pour ce seule en scène de Sabrina Nanni sur un texte de Sophie Brugeille.

Une femme revit et nous raconte son aventure de mère. La naissance pas facile, l’amour inconditionnel qui vient doucement pour cet enfant, la relation avec le père, la nouvelle vie, les copines, la séparation, le travail, l’adolescence puis le départ…

Une vie de mère et de son enfant… La comédienne donne tout.

J’y suis allée avec mon plus jeune grand fils qui vient de quitter la maison. Peut être pas le meilleur sujet pour me détendre en ce moment.

Il y a un rebondissement dans le spectacle que je ne vous dévoile pas…

J’ai été touchée forcément car avec mes 3 garçons j’ai retrouvé du « vécu », cela m’a fait sourire, cela m’a fait réfléchir aussi à ma relation avec eux. Mon fils a moins aimé, le style du texte ne l’a pas convaincu.

Pas facile d’être mère, je viens d’aller voir Dites lui que je l’aime, je vous reparle de ce sujet très vite.

La pièce se joue jusqu’à mars à Paris…

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La petite dernière de Fatima Daas

Je m’appelle Fatima… Tous les courts chapitres commencent ainsi, Fatima se raconte, nous fait découvrir sa famille, son lieu de vie, sa jeunesse, ses interrogations de devenir une femme.

Elle est la petite dernière de la fratrie, elle a 2 soeurs, un père qui espérait un garçon. Elle se sent « garçon manqué ». Elle est aussi française d’origine algérienne et musulmane pratiquante en banlieue parisienne.

J’ai eu envie de livre ce livre après avoir vu le film de Hafsia Herzi et le débat qui a suivi la projection. Le film est plus concentré sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Le livre est plus large. Les deux nous montre la même jeune fille/femme attachante.

Le sujet de fond c’est comment bien vivre sa sexualité, la liberté dans cette sexualité tout en pratiquant sa religion. Les scènes avec les imams sont glaçantes.

Elle est constamment entre deux cultures, entre Paris et la banlieue, entre suivre les désirs de ses parents et assumer son attirance pour les femmes, on peut espérer qu’elle a trouvé des réponses dans l’écriture.

Elle a depuis écrit un second livre que je vais lire prochainement.

J’ai lu ce livre en même temps que Manika qui vous propose également un article ici.

L’avez vous lu ? Avez vous vu le film ? Qu’an pensez vous ?

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Les conséquences de Pascal Rambert au Théâtre de la Ville

Théâtre contemporain au Théâtre de la Ville avec cette nouvelle création de Pascal Rambert. Une histoire de famille, 2 enterrements, 2 mariages, le temps qui passe sur 10 ans dans l’arrière salle.

Une famille de gauche, intello, aisée. Le patriarche psychiatre et député, les enfants et conjoints ayant fait des grandes écoles, la 3ème génération ayant suivi les modèles même si elle s’en éloigne ensuite.

Mais rien ne va plus, les couples s’éloignent, se rapprochent, les secrets se dévoilent, la colère s’amplifie. Que devient le monde, la politique, comment en est on arrivée à cette montée de l’extrême droite ? Où ont ils failli ?

Pourquoi écrire ainsi sur une famille intello de gauche privilégiée aujourd’hui ? Peut on regarder cette pièce comme une page d’histoire, comme on regarde du Tchekhov ? Est ce une pièce pour les générations futures ?

Je ne me suis pas ennuyée pour autant, j’ai aimé le jeu des acteurs, la mise en scène par moment hystérique, j’ai aimé le moment de danse karaoké, un peu moins les chansons souvenirs italiennes même si Laurent (Sauvage) m’a fait penser à Bertrand Belin dans sa façon d’être. Les comédien.nes portent leur vrai prénom.

Jacques Weber, le patriarche occupe la scène de sa seule présence. Contente de revoir Anne Brochet et Jisca Kalvanda. Le passage de Arthur Nauzyciel sur les marques Pylones et Desigual est très drôle 😉

L’auteur annonce une trilogie, on retrouvera donc peut être cette famille dans un ou 2 ans.

Aimez vous le travail de Pascal Rambert ?

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Faites vos jeux de Philippe Djian

J’avais loupé le Djian de l’année dernière, ou j’avais décidé d’attendre le poche, du coup je l’ai en poche (mais j’ai acheté celui de cette année 😉 Je n’ai de la volonté qu’un an sur 2 !)

J’aime les livres de Djian, je ne suis pas objective, j’aime sa façon d’écrire, le choix des mots, la précision du texte, son personnage de quadra désenchanté, son pessimisme obsessionnel et son humour caché…

Alors nouveauté je crois, son héros Victor cette fois est plus vieux, il a 2 enfants adultes qui eux vont rentrer dans la quarantaine. L’ambiance familiale n’est pas au top, pas ou peu de dialogue entre eux.

Jonas et Edith, ses enfants, viennent lui rendre visite pour décider d’un éventuel placement croyant qu’il devenait sénile. Mais en fait Victor ne va pas si mal, il a même une nouvelle liaison… Ce qu’il veut c’est qu’on le laisse tranquille sur son île !

C’est sans compter sur la tempête qui les contraint à cohabiter.

Le texte est à 3 voix, ils relatent chacun leur tour les événements. On a ainsi l’avis et le ressenti de chacun dans le même espace temps.

Je ne vous dévoile pas la fin mais peut on imaginer une forme de réconciliation familiale ? Et même si le chaos de la tempête est au coeur du livre, l’auteur cherche peut-être le calme et la paix.

Je fais une petite pause et je reviens avec Dolores 🙂

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La petite dernière de Hafsia Herzi

J’ai pu voir La petite dernière en avant-première aux Cinémas du Palais, le film était suivi d’un débat avec la réalisatrice et 2 comédiennes du film. Merci pour ce bon moment.

C’est le premier film de la jeune comédienne Nadia Melliti, elle a obtenu le prix d’interprétation à Cannes. Elle est impressionnante dans le rôle de Fatima, une jeune fille, qui devient une femme et qui découvre sa sexualité, son attirance pour les femmes, dans un monde où l’homosexualité est tabou.

Le film est très sensible, il est adapté du roman de Fatima Daas que du coup j’ai bien envie de lire pour en savoir plus sur le beau parcours de cette héroïne, jeune femme de banlieue, musulmane pratiquante, lesbienne…

Fatima doit avant tout apprendre à s’aimer, elle est bien entourée par sa mère qui cuisine sans cesse et ses 2 grandes soeurs, le père reste en retrait dans cet appartement géré par les femmes.

Fatima va à Paris pour découvrir sa sexualité et tomber amoureuse, il y a de très belles scènes de rencontres, drôles même parfois comme dans la voiture. Nadia Melliti est vraiment remarquable dans toutes les situations.

Le film est à la fois délicat et extrêmement juste, je ne vous en dis pas plus mais vous le conseille vivement.

Vous me direz ensuite ce que vous en pensez ?

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